Un Pidgeon à la MGMLongtemps cantonné dans des seconds rôles lors de son passage à la MGM, Walter Pidgeon dispose pourtant de nombreux talents, dont celui de chanteur (sa formation) qu'il exploita dès les débuts du parlant. Talentueux acteur, incarnant à merveille les dandys british et sophistiqués, il a collaboré avec des grands comme Lang (Chasse à l'homme), Ford (Qu'elle était verte ma vallée) et Minnelli (Les Ensorcelés, un de ses plus beaux rôles).Né, à Saint John, au Canada, à la fin du XIXe siècle,
Walter Pidgeon part étudier au conservatoire de musique de Boston. Il enregistre des disques, participe à plusieurs comédies musicales et fait ses débuts à Hollywood en 1925 dans quelques films muets, dont
Mannequin de James Cruze.
L'arrivée du parlant donne un nouvel élan à sa carrière. Ses talents vocaux lui permettent d'obtenir de meilleurs rôles et il apparaît dans les premiers "talkie musicals" où il peut s'épanouir dans le chant, comme
Bride of the regiment de J. F. Dillon (1930) ou
Vienese Nights d'Arthur Crossland (1930). En 1932, il fait d'ailleurs une brève mais marquante apparition dans
Rockabye un des tous premiers films de George Cukor.
En 1936, sa carrière prend un nouveau tournant avec le rôle d'un gangster opposé à Cary Grant dans
Big brown eyes de Raoul Walsh. L'année suivante, la MGM le prend sous contrat et il continue de briller, même si la major ne lui offre que des rôles de second plan, aux cotés de stars maisons comme Clark Gable et Jean Harlow (
Saratoga de Jack Conway). Il doit attendre 1939 pour avoir sa chance dans
Nick Carter : Master Detective de Jacques Tourneur et c'est paradoxalement lors de "prêts" à la Fox qu'il connaît la consécration auprès de réalisateurs chevronnés, incarnant un officier britannique poursuivi par des Allemands dans
Chasse à l'homme de Fritz Lang (1941) ou un prêtre dans
Qu'elle était verte ma vallée de John Ford (1941).
De retour à la MGM, on lui confie des rôles plus importants, le plus souvent associé à la star féminine du moment, Greer Garson (
Les Oubliés et
Madame Curie de Mervyn LeRoy, 1941 et 1943). Dans les années cinquantes,
Walter Pidgeon retrouve de grands metteurs en scène dans des films plus marquants : Vincente Minelli dans
Les Ensorcelés (1952), Robert Wise dans
La Tour des ambitieux (1954), ou John Ford dans
L'aigle vole au soleil (1956).
C'est fort de l'interprétation de ces personnages intègres, à l'élégance britannique voire démodée qu'il incarnera l'étrange Docteur Morbius de
Planète Interdite (une tradition et un sérieux qui s'avèrent en parfait décalage avec le jeu ironique du jeune débutant,
Leslie Nielsen). Les années soixantes le voit décliner, malgré une fidelité à son personnage de dandy british dans
Tempête à Washington d'
Otto Preminger (1962) ou plus tard dans
Funny girl de
William Wyler (1968). Il se tourne ensuite vers la TV jusqu'en 1978, date officielle de la fin de sa carrière.
Devenu citoyen américain, il meurt à Santa Monica, le 25 Septembre 1984.