
Pas terrible-terrible les avis internautes sur Cyprien. S'ils sont dans l'ensemble moins "cassants" que la presse -nous en parlerons plus bas-, l'enthousiasme n'est visiblement pas au rendez-vous.
"Sympa sans plus" nous dit Xmrxjp, "pas terrible" renchérit Willi222, "à voir à la télé" rajoute Stevenou. Certains ont tout de même apprécié la transposition du personnage des petites annonces, comme Eddu699 et Miniepopo40, mais c'est Albanmartin qui va le plus loin. Ce dernier juge en effet le film "poétique" et le compare à "un Cendrillon moderne".
Parlons peu, parlons presse. Pour le coup, celle-ci se montre impitoyable. Le Monde : "Elie Semoun joue le bigleux dans un navet". L'Express : "un ton mi-potache, mi-bling-bling qui s'essouffle au bout de quarante minutes". Le "pompon" de la critique la plus acerbe revient au journaliste de Télérama. Elle se résume en 4 adjectifs soigneusement choisis : "Lent. Long. Poussif. Moche". Sans commentaire.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Elie Semoun joue le bigleux dans un navet. Parmi les nombreux films qui aménagent avec plus ou moins de scrupules le transfuge d'un humoriste au cinéma, Cyprien est un des pires qui aient été fomentés. Du scénario à la mise en scène, Cyprien ne témoigne de rien d'autre que d'une volonté de faire un bon coup, empruntant à l'air du temps tout ce qui est susceptible de produire un profit immédiat. Elie Semoun méritait mieux que cela.
Alors qu’Apatow et ses suiveurs nous rappellent régulièrement qu’un geek peut être un individu ouvert d’esprit, drôle et même séduisant – lorsque le potelé Seth Rogen sort avec des bombes, on y croit –, Semoun, lui, n’envisage pas ses personnages autrement que comme des caricatures disgracieuses, attachantes seulement le temps d’une scène réussie (l’interview).
Elie Semoun dans Cyprien, c'est un peu Jerry Lewis dans Docteur Jerry et Mister Love (Jerry Lewis, 1963). La comédie est si rythmée qu'on passe outre le happy end convenu. Sauf que ce remake inavoué n'a pas la grâce comique de son modèle. Juste un ton mi-potache, mi-bling-bling qui s'essouffle au bout de quarante minutes. Jerry avait plus d'endurance.
Tout le reste est lent. Long. Poussif. Moche - volontairement, certes, mais ça n'excuse rien. Qui plus est, la mise en scène n'est pas suffisamment rosse quand il le faudrait, ni suffisamment généreuse pour rendre étincelants et beaux - tels des personnages de Capra - les doux rêveurs qui, autour de Cyprien, revendiquent le droit de rater leur vie « en hommes libres »...