
Entre le public et les critiques, c'est parfois le jour et la nuit. Dialogue avec mon jardinier est un très bon exemple du décalage que vous pouvez avoir avec "les professionnels de la profession".
Avec 1 étoile de moyenne, le film est laminé par les critiques. Pour le journal Le Monde, "le projet pâtit d'une mise en scène paresseuse, d'un humour réchauffé et d'une enfilade de lieux communs", alors que L'Express lui reproche son aspect lisse, "politiquement ultracorrect. En deux mots, terriblement consensuel". Parmi vos avis, il n'y a guère que chevreul et islander pour aller dans ce sens. Le premier pointe "le cliché du provincial ringard et du parisien branché" de ce film "plat, superficiel", pour le second "le film manque de surprises" et "les bons sentiments noient (…) le propos du film".
Que nenni, répondez-vous, avec une moyenne de 4 étoiles. On commence très fort avec line54 pour qui le Dialogue avec mon jardinier est "le film le plus ensoleillé, le plus doux, le plus beau qu'[elle] vu (…) un bijou". Le mot revient souvent ("un bijou de délicatesse, d'humanité" pour petiteve), accompagné d'un florilège de qualificatifs et de superlatifs qui saluent unanimement la "simplicité", "l'humanité", finalement la justesse d'un "très très beau film, qui parle de la vie simple des gens à la campagne face à la complexité des gens de la ville" (trader). Un peu court, comme morale ? Qu'importe, d'autant que l'interprétation emporte le morceau : "les deux acteurs principaux Daniel Auteuil et Jean Pierre Daroussin sont particulièrement émouvants et attachants. Leur jeu d'acteur est parfait", et c'est nauthomm qui le dit.
En somme, le débat est peut-être à l'image du film, entre deux France qui ne se comprennent pas toujours.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Sympathique, le projet pâtit d'une mise en scène paresseuse, d'un humour réchauffé et d'une enfilade de lieux communs : on y est invité à prendre "un p'tit café", on dit à propos des souvenirs d'enfance que "c'est loin, tout ça !" et la mort est tapie comme une carpe "qui aura le dernier mot".
C'est propre, sans bavures, politiquement ultracorrect. En deux mots, terriblement consensuel. Sauvé néanmoins du néant par la présence de Daniel Auteuil et de Jean-Pierre Darroussin.
[Becker] signe désormais des triomphes pépères, vaguement neuneus, mais pas désagréables, où il fait rire et pleurer un public tout acquis. C’est dire qu’il a, à sa façon, du talent.