
Le moins que l’on puisse dire c’est que Duplicity, qui marque le retour de Julia Roberts au cinéma, partage les avis !
Côté critiques ceux qui aiment soulignent des "dialogues craquants" (Libération) et une "mise en scène élégante" (Figaroscope), pour Télérama c’est même "la classe !". Le jugement est sans appel pour ceux qui n’aiment pas. Un scénario et des personnages "retors" (Le Monde) où l’intrigue a "la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine" (Les Inrockuptibles). Au final Elle "n’y comprend rien".
Pour les internautes, même division. Pour certains, Duplicity est un "film intelligent" (Artufel),"très bien réalisé" (evraenne) et "bien mené du début à la fin" ( fableboss73). Pour les autres, c’est un film "décevant"(JLT67), au scénario "décousu" (coussine) à cause d’une multitude de "flashbacks désorganisés" (islander) qui ne permettent pas vraiment de "rentrer dans le film" (PUCE1). Carrément "pitoyable" pour peterpan01.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Lorsqu’un espion tombe amoureux d’une espionne, ce n’est pas simple. D’ailleurs, au début du film, tout part dans tous les sens et on n’y comprend rien.
Dialogues raffinés et ludiques, mise en scène élégante et sophistiquée, Duplicity navigue entre Ocean's Eleven de Sorderberg, L' Affaire Thomas Crown de Norman Jewison avec Steve McQueen et Faye Dunaway, sans oublier ce zeste de complexité narrative, que l'on trouve dans les films de David Mamet tel Engrenages.
Ce sera la seule vérité à sortir du film : son titre ne ment pas. A part ça, il est impossible de faire plus retors que ce scénario, ces personnages, à moins de renoncer à être intelligible. Pour rester comique, l'amour doit être joué rapidement, et Duplicity dure un peu plus de deux heures. En valeur absolue, le temps de plaisir que l'on prend à sa vision est bien supérieur à la moyenne. Il aurait fallu qu'il soit un peu mieux dégagé de sa gangue d'intrigue.
Cette comédie sentimentale sur fond d’absurde complot industriel manie l’art du faux-semblant et du double cross avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Tony Gilroy, s'il est bon scénariste (de la série Jason Bourne, notamment) n'est pas assez bon réalisateur pour maintenir le rythme de cette intrigue à tiroirs, dont les coups de théâtre finissent par être prévisibles. Duplicity ressemble à un produit banal au service de deux stars.
Les mécaniques narratives de Gilroy, tout comme sa vision du monde (pessimiste, mais pas cynique comme celle des Coen), rappellent la vitalité d’un cinéma hollywoodien à l’ancienne, mais sans nostalgie. Dialogues craquants, casting impeccable et le même eurotourisme cavalier qui fait aussi l’attrait des films Bourne.
En 1963, lorsque Stanley Donen réalisait Charade, chef-d'oeuvre du thriller romantique sophistiqué, il privilégiait le marivaudage du couple Cary Grant-Audrey Hepburn et on se fichait un peu de la trame policière. Aujourd'hui, Tony Gilroy mise sur les deux fronts et conclut sur une savoureuse pirouette anti-hollywoodienne où ses héros sont fatigués. La classe, sans mentir !