
En quatre films, passés plus ou moins inaperçus, Jérôme Bonnell a creusé son sillon dans le paysage du cinéma français. Avec La Dame de Trèfle, il s’essaye à un genre inédit pour lui, le film noir, et le verdict est plutôt positif.
Honneur aux internautes, qui ne sont pas nombreux à s’être déplacés mais sont tous sortis conquis par ce modèle de film "art et essai" qui "produit son petit effet" (islander). Cinéaste de "la fidelité" pour corrio, Jérôme Bonnell réussit selon lui à "marquer le spectateur" et permet "l’éclosion d’un grand comédien : Malik Zidi".
Partagée, la critique hésite entre une certaine lassitude pour un film "un rien désincarné" (Le Monde) et l’enthousiasme pour ses "brillantes échappées" (Les Cahiers du cinéma). Tout le monde est néanmoins d’accord sur un point, relevé par les Inrocks : chez Bonnell "les acteurs sont excellents". Ça fait au moins un atout cœur.
Un frère, une soeur, une relation fusionnelle depuis toujours et l'incapacité à vivre de façon autonome . Elle c'est Argine, la dame de trèfle, qui boit, rit fort, s'éclate avec ses copains de bar, sorte d'adolescente attardée et irresponsable. Aurélien, lui, n'est pas un mauvais bougre: il s'occupe de fleurs, veille sur cette soeur fragile et survoltée et arrondit ses fins de mois en revendant du métal volé... Mais la belle machine se grippe: son comparse, sur le point d'être pris lui réclame sa part (Darroussin étonnant dans un rôle de vrai "méchant")... Et c'est l'engrenage : le jeune homme "tranquille" et introverti se trouve confronté à sa propre violence, aux forces obscures qui l'habitent, une manière aussi de se libérer de l'emprise de cette soeur omniprésente. Un Malek Zidi habité par le rôle, tout en silences et en regards, dans un polar noir où la pénombre révèle la face cachée des êtres, le mensonge, la culpabilité...Un film dur et prenant qui interpelle...
Quand il lui dit, après lui avoir demandé de se garer "viens voir", on commence à serrer les fesses... Car c'est un peu lent à l'allumage, bien qu'accrocheur grâce à ce choix de frère et soeur soudés "on sait pas jusqu'où" et à l'arrivée du trouble-fête (Daroussin nouvelle gueule !). Une atmosphère plaisante, des plans silencieux sur les visages qui en disent long, un joli travail de suspense, c'est vrai qu'on est du côté d'Aurélien,le plus touchant de tous car la sister, facétieuse, hâbleuse, use son monde, à l'écran nous sommes ravis, mais l'avoir comme centre du monde, il faudrait qu'elle mange de la soupe en plus du roquefort... Malik Zidi et Florence Loiret-Caille révèlent ici leurs mille et une facettes, par le verbe (quand on parvient à saisir le rude jargon qui fuse), de joyeuses répétitions d'anglais ar-ti-cu-lées à l'inverse ! Le non dit l'emporte en émotion, c'est LE domaine où Jérôme Bonnel fait des étincelles !
Un film typique Art et Essai français...peu de psychologique mais de l'évènementiel...Des relations angoissées entre un homme Malik Zidi et son entourage pluto interlope ,des relations floues avec sa soeur (Florence Loiret Caille)...Malik Zidi que l'on a pu voir depuis quelques années dans des films comme Les amitiés maléfiques, Le grand Meaulnes, Jacquou le Croquant, est ici dans un registre qui lui convient parfaitement, encadré par d'excellents acteurs comme Marc Barbe (trop peu utilisé au cinéma) et Jean Pierre Darroussin...Le tout constitue un film réaliste, très en appui sur le monde réel et la désillusion des sentiments, un film qu'on regarde avec plaisir et qui produit son petit effet, même s'il faut le dire il ne restera pas comme le meilleur film du moment....A vous de voir si vous aimez le genre.
Avec Papa directeur du cinéma à Canal et maman travaillant au CNC, la voie de Jérôme Bonnell était toute tracée. En tout cas, il continue, à 32 ans, avec son 4ème long métrage, à tracer un sillon très intéressant dans l'univers du cinéma français. Jérôme Bonnell, c'est l'homme des fidélités : fidélité à Nathalie Boutefeu et à Marc Citti, qu'on retrouve dans ses 4 longs métrages et à Florence Loiret-Caille, absente seulement dans un seul. Fidèle à la Beauce, également, puisque "La dame de trèfle" se déroule aux alentours de Chartres, tout comme "Le chignon d'Olga", son plus gros succès. Rentrer dans "La dame de trèfle" n'est pas forcément facile : les premières scènes apparaissent un peu forcées et Florence Loiret-Caille, il faut le dire, a tendance à les plomber. Certes, physiquement, elle rappelle Juliet Berto, elle tente de lui ressembler également dans son jeu, mais elle n'en a pas tout à fait le talent et on n'y croit guère. Sortir du film n'est pas facile, également, car c'est un film qui marque le spectateur. En effet, entre temps, le film s'est davantage orienté vers le frère, remarquablement interprété par Malik Zidi, et s'est petit à petit transformé en thriller tout en continuant à observer une relation frère-sœur quelque peu atypique. On y croise Darroussin dans un rôle de méchant et donc Marc Citti et Nathalie Boutefeu, trop peu utilisée au cinéma. Il y a aussi Marc Barbé, très convaincant. Tout cela donne un film qui mérite un large public, ne serait-ce que pour assister à l'éclosion d'un grand comédien, Malik Zidi (aucun rapport avec Claude).
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