
En quatre films, passés plus ou moins inaperçus, Jérôme Bonnell a creusé son sillon dans le paysage du cinéma français. Avec La Dame de Trèfle, il s’essaye à un genre inédit pour lui, le film noir, et le verdict est plutôt positif.
Honneur aux internautes, qui ne sont pas nombreux à s’être déplacés mais sont tous sortis conquis par ce modèle de film "art et essai" qui "produit son petit effet" (islander). Cinéaste de "la fidelité" pour corrio, Jérôme Bonnell réussit selon lui à "marquer le spectateur" et permet "l’éclosion d’un grand comédien : Malik Zidi".
Partagée, la critique hésite entre une certaine lassitude pour un film "un rien désincarné" (Le Monde) et l’enthousiasme pour ses "brillantes échappées" (Les Cahiers du cinéma). Tout le monde est néanmoins d’accord sur un point, relevé par les Inrocks : chez Bonnell "les acteurs sont excellents". Ça fait au moins un atout cœur.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
La franche réussite du film est de parvenir à superposer le film noir au drame familial, le polar à la chronique amoureuse pathogène. En regard des huis-clos tendus et attendus éclatent les brillantes échappées en extérieur [...]. Malik Zidi fait preuve d'une impeccable sobriété [...], le rôle-titre est formidablement interprété par Florence Loiret-Caille.
Jérôme Bonnell sait distiller l’inquiétude alors même que la vie des uns et des autres s’avachit. Puis, brusquement, la comédie de moeurs tourne au suspense. L’énigme ne réside pas dans l’identité du meurtrier mais dans son devenir.
Un polar en rase campagne sur fond d'inceste entre frère et sœur. Très noir.
La Dame de trèfle reste un conte immoral (une relecture d'Hansel et Gretel où Loïc figure l'ogre), un rien désincarné. Hanté par la culpabilité, la quête d'identité, il illustre des idées, plus que des passions. La tension s'y accroît sans que ne l'accompagne le moindre suspense. Un jeune homme y est obligé de passer par des épreuves criminelles pour dénouer le lien qu'il avait noué avec sa sœur, vivre sa vie sans elle, affronter l'existence. Mais de cette tragédie, nous restons spectateurs.
Un film noir un peu pesant. Et l’on est déçu, très vite, car le talent de Bonnell ne s’adapte absolument pas à un genre qui nécessite un esprit d’architecte ou d’horloger qu’il ne possède pas. Sans doute un peu perdu, Bonnell ajoute à son récit une petite facétie de mode qui ne convainc pas (il semble lui-même ne pas y croire) : l’inceste latent entre le frère et la sœur. Quant aux acteurs, ils sont comme toujours chez Bonnell excellents, mais ils n’arrivent pas à dégager le film de la gangue de scénario dans laquelle ils s’empêtrent avec leur réalisateur.
Ce sont des petites histoires banales et quotidiennes que Bonnell tient à bout de caméra grâce à des comédiens toujours présents qu'il regarde s'ébattre dans une vie de tout le monde. [...] D'où l'importance, ici, de la péripétie et du récit tenu ; choses que Bonnell maîtrise encore mal. Heureusement pour lui, les acteurs sont une nouvelle fois au rendez-vous
Un polar nocturne entre amour et violence, qui repose en partie sur le soin apporté au choix des comédiens.
Délaissant le film choral où destins, personnalités et relations s'enchevêtrent habilement (Le Chignon d'Olga, puis J'attends quelqu'un), Jérôme Bonnell réussit un polar dont l'intérêt réside moins dans l'intrigue que dans l'ambiance, toute de vide et de tension.