
L'adaptation de la mythique BD de Jean Van Hamme et Philippe Francq est un exercice périlleux. Les avis, bien que mitigés quant au résultat, penchent néanmoins sensiblement du côté de la réussite.
Commençons par la presse, très partagée. Elle y voit une œuvre "soignée" et Le Figaroscope "un vrai grand film d'aventure". Les détracteur de leur côté se nomment Les cahiers du cinéma et Télérama. Le 1er est agacé par le "jeu des suites". Le 2ème est plus sévère : "ce blockbuster gaulois se contente d'étaler son gros budget avec la même arrogance que son héros parvenu."
Côté internautes se trouve la même dichotomie. Vrouchka trouve l'adaptation "géniale", avis partagé par Vivazap : un "excellent film d'action". Certains sont cependant déçus : Nauthomm trouve l'ensemble "assez plat" et Desmondhume regrette "les longueurs". Bref, trop d'action pour certains et pas assez pour d'autres…
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
La mode à laquelle sacrifie malheureusement Largo Winch, c'est celle de la réserve, de l'histoire qui fait exprès d'en garder sous le coude pour mieux engraisser sa suite, déjà en chantier. Il n'est pas sûr que proposer un long préambule plutôt qu'un film autonome donne aux spectateurs l'envie de rempiler.
Parcours initiatique, thriller intimiste et, surtout, saga à grand spectacle, ici, tout est soigné : le cadre comme les dialogues en plusieurs langues. Largo Winch est prêt à conquérir les écrans du monde entier.
Largo Winch est un vrai grand film d'aventure à la française. Nul doute que Tomer Sisley EST Largo Winch. Même décontraction, même démarche féline, même intensité dans le regard. Sans oublier ce petit côté déraciné qui le rend séduisant auprès de la gent féminine...
Des péripéties prévisibles et invraisemblables, mais réjouissantes. Manquent juste de vrais personnages. Les acteurs s'amusent à animer les figures schématiques des albums.
Réalisation schizo : tantôt on multiplie les plans filmés d’hélico pour faire genre ; tantôt on sort la mandoline pour se remémorer l’enfance lacrymale de Largo… Jason Bourne ne s’embarrasse pas de telles fioritures.
A part une petite surprise, Largo Winch déroule un scénario prévisible mais pas désagréable à suivre que Jérôme Salle, à défaut d'une grande personnalité de cinéaste, prend soin de raconter avec entrain. Pas moins. Mais pas plus.
Comme d’Astérix , un jour on se rappellera que Largo Winch au début était «mal dessiné». Le jeune héros (pas si jeune : 34 ans) est bizarrement coiffé, très Cassel sans Cassel avec petits dreadlocks. L’argument : Largo, héritier yougo adoptif du magnat assassiné Néris Winch ; fin.
Tourné aux quatre coins de la planète (Malte, Sicile, Hongkong, Macao) comme le James Bond qu'il voudrait être, ce blockbuster gaulois se contente d'étaler son gros budget (tous ces plans filmés d'hélicoptère !) avec la même arrogance que son héros parvenu. Chic et toc.