
Un pick pocket doit être agile comme un moineau, c'est ce qui donne le titre de ce film donc lequel la forme prime sur le fond. La forme : la munsique, la mise en scène, les décors, tout est parfait. Le fond : c'est à dire l'histoire proprement dite est plate, terne, molle.
Kel, quand il a son compte de portefeuilles volés, prend son reflex pour, avec la même virtuosité, voler pour son plaisir des photos aux rues de Hong Kong. C'est au cours d'une de ces prises de vue que lui apparaît, dans le champ de l'objectif, celle qui va l'entraîner avec ses trois frères dans cette comédie enlevée. Ils semblent se plaire, mais est-ce pour eux-mêmes ou pour la montre de luxe que chacun d'eux arbore ? Un peu de mystère pour mettre en train : "Personne, lui dit-elle, ne doit voir ces photos." Puis elle ensorcelle, l'un après l'autre, tous les garçons de la bande, qui tous ensemble se feront tabasser par des inconnus. Privés de leur outil de travail - main ou jambe -, ils chercheront le dénominateur commun, le trouveront en la personne de leur séductrice après des courses-poursuites de toit de building en impasse coupe-gorge. Plus de fantaisie que de réel suspense dans ce film de Johnnie To à l'esthétique agréable, servi par une musique de qualité et pas encombré de dialogues. Des références au Samouraï de Melville : cages à oiseau unique, obligation de ne "pas perdre la face"..., mais des héros moins inquiétants, même si les lames de rasoir posées sur leur langue n'ont pas l'air là par hasard. Un ballet assez éblouissant, dans les rues de Hong Kong lessivées par la pluie, de parapluies, dee lames en action, et de nos pickpockets aux prises avec des mafieux, vaut d'aller prendre sa place.
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