
Ce n’est jamais facile d’être le/la fille de … et Jennifer Chambers Lynch n’échappe pas à la règle. La presse a placé la barre haut et l’attendait au tournant, tandis que les spectateurs ont été plus cléments.
Que ce soit 20 minutes, pour qui le dénouement de ce film est trop "tiré par les cheveux", L’Express, pour qui le retournement de situation est "prévisible", ou Le Monde qui n’a pas été convaincu par le "savoir-faire" de la réalisatrice, la presse n’a dans l’ensemble pas été tendre avec ce "thriller raté" (Les Inrockuptibles), "joyeusement macabre" (Télérama).
Les spectateurs ont de leur côté passé un bon moment… de frissons bien sûr, avec ce film aux images et au scénario "choc" (islander), particulièrement "violent" (patoushka), "machiavélique et pervers" à souhait (coussine), dans une ambiance qui fait penser aux "frères Coen" (filsdumétal)…
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Jennifer Lynch use et abuse d’effets sonores un peu faciles. Le dénouement est trop tiré par les cheveux, ce qui est décevant quand on s’est laissé mener par le bout du nez pendant plus d’une heure et demie.
Déterminée à prouver que chaque personnage cache une blessure, que tout le monde a une bonne (ou une mauvaise) raison de mentir, Jennifer Lynch se délecte à brouiller les notions du bien et du mal, et préparer le terrain, entre humour et sophistication, pour la révélation finale. Son savoir faire reste trop impersonnel pour convaincre tout à fait.
Des acteurs en roue libre pour thriller prévisible et raté. A force de noircir l’humanité, la réalisatrice finit par nous laisser totalement froids face à son sort. On en arrive presque à espérer que le tueur psychopathe nous débarrasse de tous ces crétins.
Avec un retournement de situation prévisible et des acteurs moyens, l'intérêt de cette série B tient à son ambiance poisseuse et à quelques scènes plutôt réussies.
C'est un monde de tordus en tout genre, où les flics - grossiers, pourris ou abrutis -sont des champions de la dépravation. La réalisatrice force le trait jusqu'au grotesque, inquiétant et poisseux. Joyeusement macabre.