
Repéré au festival de Cannes, Tu n'aimeras point a visiblement touché le cœur des spectateurs qui ne cessent de vanter, autant que la presse, les mérites d'un film à ne pas rater.
Une premiere œuvre traitée, selon corrio, "avec beaucoup de pudeur". Si philvilleurbanne va dans le même sens et ne cesse de couvrir d'éloges un film "troublant, captivant", Nikoplasm loue une histoire "qui ne juge ni ne condamne". Un film "d'amour très poignant" (etainsel) qui risque de bouleverser le spectateur.
Visiblement partagée, la critique n'est peut-être pas aussi enthousiaste que le public. Si Les Cahiers ou Les Inrocks trouvent que le film rate son sujet, Télérama insiste sur la maestria du réalisateur qui évite "tout sentimentalisme". Le Monde parle même "d'exploit" au sujet de cette œuvre "sensible et subtile". A ne pas rater donc…
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Tout l'enjeu du film réside dans le point de vue adopté. À ne pas vouloir choisir celui du couple (l'élan de la passion) ni celui de la communauté (le respect des règles), mais en cherchant à fusionner les deux, le film fait sien un point de vue intenable, aberrant.
Découvert dans la sélection Un Certain Regard, à Cannes, ce premier film israélien touche et déroute.
Tu n'aimeras point est une sorte de Brokeback Montain du côté des juifs ultraorthodoxes. Une vraie réussite. Dans cette atmosphère oppressante, Haim Tabakman glisse peu de dialogues ou d'interprétations psychologiques afin de laisser place au désir latent et aux silences, seulement rythmés par les prières et une pluie incessante.
Inutile d'aller chercher midi à 14 heures pour expliquer la présence récurrente du cinéma israélien sur les écrans : elle tient au surprenant réservoir de talents sur un petit territoire et à la puissance critique dont les réalisateurs témoignent à l'égard des maux du pays. Le premier long métrage de Haïm Tabakman, Tu n'aimeras point, remarqué en mai au Festival de Cannes, possède à très haute dose ces deux vertus. [...] Une œuvre sensible et subtile, qui ne simplifie rien, et qui parvient à nous attacher, comme si de rien n'était, à son récit et à ses personnages. Il y a là, au vu de la délicatesse et du péril du sujet, la matière d'un exploit.
Tabakman, trop guidé par le spectateur laïc et militant qu’il suppose être celui de son film, découvre avec une ingénuité agaçante un sujet pourtant rebattu et s’en tient à des généralités inoffensives au lieu d’explorer les détails inattendus de cette situation et sa profondeur théologique.
S'il agace parfois à retenir l'histoire pour forcer l'empathie et créer un suspense factice, Haïm Tabakman tire son épingle du jeu grâce à une mise en scène qui témoigne d'un talent à installer une ambiance oppressante, parfait reflet des regards inquisiteurs et réprobateurs qui visent les deux hommes. Une preuve que le cinéma peut encore mener des combats importants.
L’intérêt du film est à l’intersection de cet impératif catégorique de la passion amoureuse et d’un monde régi par un nombre incalculable de règles.
Le soin apporté à la description des rites quotidiens, la rigueur de la mise en scène évitent tout sentimentalisme.(...)Tu n'aimeras point ne se laisse pas facilement aimer, mais sa beauté s'impose.