
L’as du néo-polar hongkongais face à l’ex-idole des jeunes, cela a de quoi susciter la curiosité des spectateurs. Reste à savoir si Johnny est soluble dans le soja, sujet sur lequel presse et internautes sont plutôt partagés.
"C’est mon premier film de Johnnie To, et ce sera mon dernier" : le ton est donné par tortue28, repris en chœur par un corrio visiblement outré par ce qu’il considère comme un "scandale" où il n’a trouvé aucun "semblant d’intérêt". Moins revanchard, islander garde quant à lui le sentiment d’avoir été "bercé par une douce violence".
Cela s’arrange un peu quand on ouvre un magazine. Les Inrocks sont encore sous le charme d’un "grand film de mise en scène", tandis que Les Cahiers du cinéma louent "les brillantes variations" du maître To. Le débat se prolonge pourtant à L’Express qui ne voit dans cette Vengeance que "redite et rabâchage". Sans rancune ?
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le réalisateur ne se contente pas d'inventer de brillantes variantes autour des affrontements symétriques qu'engendre le polar. Il profite de l'énergie du genre pour autoriser des recherches formelles radicales comme des manières de se rapprocher avec une sorte de pudeur des frères humains qui, ici, là et ailleurs, vivent et meurent.
Plongé dans l'univers noir de Johnnie To, Johnny Hallyday en ressort fragilisé et grandi. En sortant de la salle, on gardera une autre image de Johnny Hallyday que celles qu'il nous avait proposées ces dernières années. Plus seul, plus fragile, plus beau.
Il va sans dire que Vengeance est aussi un grand film de mise en scène, que nul ne sait comme Johnnie To magnifier la trajectoire au ralenti d’un cerf-volant comme coup d’envoi d’un gunfight cérémonial et dansé.
Comme à son habitude, To fait preuve d'un sens visuel certain et sait donner de l'ampleur à des séquences mille fois vues de règlements de comptes avec flingages à tous vents. Mais, comme à son habitude également, il part d'un scénario écrit sur un ticket de métro et n'arrive jamais, alors qu'il y parvenait dans Election 1 et 2, par exemple, à transcender les codes du genre, qu'il récite trop à la lettre, jusqu'à la redite et au rabâchage.
Un spectacle plutôt réjouissant dès lors qu’on aime le formalisme et les multiples variations autour des gun fights.