
Vilaine divise les journalistes et les internautes de façon très spectaculaire. Une telle scission est même rarement observée. Explications.
Les critiques sont impitoyables avec le film de Jean-Patrick Benes : "à la limite du gribouillage" pour Les Cahiers du cinéma, "un peu trop light" pour le journaliste des Inrockuptibles, ou encore "un film médiocre" selon Le Figaroscope. L'opinion générale est au final bien résumée par Télérama : tous sont déçus par l'aspect "trop gentil" du film, jugé "pas assez grinçant pour convaincre"...
Côté internautes, le ton est bien différent : "Un bon moment de rigolade" (gazemar), "on ne s'ennuie pas" (bono31), et même "extrêmement plaisant" selon gudule3. Les superlatifs pleuvent. Ils ne sont au final que 2 à être déçus : Loumatin a trouvé le film "grotesque" et doudou3105 juge l'ensemble "pas terrible".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Cette comédie caricaturale sur la vengeance d'un vilain petit canard tourne court. L'abattage de Marilou Berry ne suffit pas à surnager dans un océan de bons sentiments.
Un inoffensif croche-patte à Amélie Poulain. Maigre scénario. Un humour archi-souligné, à la limite du gribouillage.
Trop de poncifs, trop de maladresses pour un film médiocre.
Le résultat est que sous couvert de prendre le contre-pied du film de Jean-Pierre Jeunet, Vilaine en adopte toutes les conventions (héroïne populaire magnifiée, stylisation passéiste, univers réduit à un village…) sans pour autant pouvoir prétendre à son perfectionnisme.
Faussement féroce, gentiment consensuel. Ce mélange n’est pas aussi indigeste qu’on pourrait le croire, mais souffre plutôt d’être consensuel et un peu trop light. Bref, Vilaine manque de férocité et n’impose pas un univers comique fort.
Sans en être une parodie, Vilaine se présente comme un contre-pied au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Le récit foisonnant fatigue parfois. Heureusement, il reste des acteurs en grande forme comique, Marilou Berry et Pierre-François Martin-Laval en tête.
"Les réalisateurs-scénaristes ont beau loucher sur l'irrévérence potache des frères Farrelly, ils semblent souffrir du même mal que leur héroïne au début : trop gentils, pas assez grinçants, ou féroces pour convaincre."