
Revenu bredouille du dernier festival de Cannes, la grande fresque opératique de Marco Bellocchio ne manque pourtant pas de défenseurs, notamment dans la presse (quasi) unanime. Côté cityreporter on est nettement plus partagé.
Entre les internautes conquis qui voient dans ce film "une vraie réussite" (patoushka), jalonnée "d’images sublimes" (Maxence_HERNU) et ceux qui se sont "ennuyés" (jcb1945) devant un "mauvais opéra", très "pompeux" (corrio), pas de juste milieu. Seul point de ralliement, la prestation maîtrisée de Giovanna Mezzogiorno.
La presse, même 6 mois après Cannes, reste sous le charme de cette "œuvre magistrale" (Le Monde), un "monstre de fiction", véritable "torrent" qui emporte avec lui les critiques de Télérama. De là à penser qu’il s’agit du "chef-d’œuvre" de Bellocchio, il n’y a qu’un pas, franchi par Libération. Belle victoire pour Vincere.
Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est " grandiose", un souffle épique enveloppant la somptueuse réalisation d'un cinéaste qui avec le temps se révèle inspiré comme jamais... Sa mise en scène, particulièrement inventive recèle des trésors de créativité visuels et sonores, et surtout c'est un film porté par l'interprétation exceptionnelle de Giovanna Mezzogiorno, laquelle oscille d'abord entre douceur et passion dévorante, toute la beauté et l'intensité des sentiments se reflétant dans son regard clair, mais farouchement déterminé ensuite à faire triompher la vérité...Des scènes vibrantes entre une femme passionnément amoureuse et un homme arrogant et sûr de lui, obnubilé dès le début par sa rage de vaincre, "Vincere" en italien, des étreintes volées au temps et arrachées de haute lutte, qui ressemblent à des empoignades sur une musique quasi wagnérienne... Ida Dalser deviendra, au fil de la prise de pouvoir du Duce, la femme à abattre, celle qu'on internera de force, celle à qui son fils sera enlevé, mais qui continuera à se battre, bafouée et meurtrie, seule contre tous... Un superbe film où il faut saluer aussi la prestation de Filippo Timi, Mussolini père et fils, lequel se livre à un numéro de mimétisme impressionnant du Duce, son propre père, tel que celui-ci nous apparaît dans les images d'archives : visage de fou grimaçant qui tenait entre ses mains le sort de tout un peuple...
La petite histoire est intéressante car elle montre une autre facette des personnages historiques. Ici on découvre une partie de la vie privée de Mussolini qui ne fait qu'accentuer ce que l'on savait déjà du personnage. Mais était-il nécessaire d'en rajouter ? A grand renfort de bande-son, de caricatures... Certes on nous montre un drame mais lourdement. Une mention pour Giovanna Mezzogiorno qui incarne la maîtresse du Duce. Elle est belle, sobre et d'une certaine façon rappelle Romy Schneider.
Je suis partie au bout de 2 heures car l'histoire tournait en rond... Les acteurs jouent bien mais absence totale d'histoire et de dialogue... Historiquement pauvre et peu poignant par rapport à la réalité... On apprend pas grand chose.
Du vrai, du beau cinéma comme savent le faire les cinéastes italiens. Tout y est (dans le désordre) : très bons scénario, musique, image, casting... et une interprétation remarquable ! Je n'ai pas vu le temps passer et serai bien restée encore dans mon fauteuil...
Film documentaire sur la vie privée de Mussolini et de son ascension au pouvoir au mépris de tout et de tous. Poignante démonstration de comme le fascisme et les hommes qui l'ont bâti n'étaient que des escrocs violents et opportunistes. Dans le cas particulier de la femme de Mussolini (très bien jouée par Giovanna Mezzogiorno), ils lui font subir un destin atroce afin de préserver leurs mensonges d'état. Seul bémol: le début du film est un peu confus, avec des allers-retours temporels et des scènes peu compréhensibles si on ne connaît pas l'histoire italienne début 1900.
C'est la première fois que je vois un film de Bellochio, mais j'ai trouvée ce film poignant dans son interprétation et dans le montage vidéo de l'ascension de Mussolini au pouvoir. La violence de l'amour Ida lui porte et sa violence aussi son stupéfiante car les 2 acteurs sont convainçants et nous avons l'impression d'y assister. Le combat que cette femme mène, est perdu d'avance mais elle continue à proclamer sa place d'épouse légitime de Mussolini. Enfin ce film est superbe, je conseille donc à tous d'aller le voir mais attention en VO car c'est plus poignant un orateur comme Mussolini dans sa langue originelle.
Au vu des critiques je m'attendais à un film grandiose avec du souffle de beaux décors etc... En fait de la petite histoire au milieu de la grande (pas forcément claire à suivre dans la periode du début en particulier et surtout du bruit). Une très bonne actrice mais cela ne suffit pas à faire un film. Bref je me suis ennuyé et j'ai pas compris le but du film (les 3 autres personnes avec moi n'ont pas apprécié non plus).
Pourquoi comparer ce film à un opéra, franchement rien à voir! Deux rôles difficiles pour Giovanna Mezzogiorno et Filippo Tini, mais ils ont parfaitement maitrisé l’interprétation. Cette technique cinématographique qui consiste à mélanger d’anciennes actualités avec le film est une vraie réussite. Je n’ai pas trouvé ce film lent malgré sa durée de plus de deux heures. Il est intéressant de voir une face cachée de Benito Mussolini qui complète parfaitement cet homme absolument mégalo d’une cruauté sans pareil. Il faut voir ce film.
Ah parce que Mussolini avait une femme ? Salutaire remise au jour d’une histoire de fous. La belle passionnée, foudroyée par le culot du tribun socialiste à ses débuts, sera broyée avec leur fils lors de la montée vers le pouvoir de celui qui électrise les foules. Nous pouvons être effarés encore aujourd’hui quand la tragédie tourne en comédie avec Berlu chez les nymphettes. Beau film et belle occasion de ne pas voir qu’une reconstitution historique avec ce destin tragique en appât où des grilles ne peuvent délimiter les frontières de la déraison .
A l'époque du narcissisme triomphant de certains chefs d'état, il n'est pas inutile de suivre Marco Bellochio dans cette fresque qui nous confronte à un Duce double (le vrai, hallucinant, à partir d'images d'archive et la composition parfaite des deux Bénito). Le film n'est pas manichéen : l'érotomanie de l'héroïne est manifeste. Inutile d'en dire trop : des images sublîmes, une histoire de la "folie" à l'âge fasciste par la grâce d'une Médée (Antigone ?) renversante.
Où sont passés les metteurs en scène d'antan ? Sur un sujet magnifique Belocchio nous gache parfois notre plaisir, mais pas trop...Le film est très intéressant et d'une réflexion sur le pouvoir des hommes politiques , sur le fascisme, que l'on rencontre peu souvent...La critique de Mussolini est vive et amère....Belocchio se porte effrontément du côté des faibles, des petits, cette femme que le pouvoir veut effacée jusque dans son existence, cette femme que Mussolini nie tel un judas, cette femme est pleine d'honneur et d'intelligence et elle se bat...Malheureusement il faut le dire le film est tragique. Par moments magnifiquement illustré d'actualités d'époque, on voit le vrai Mussolini et sa folie . Le film est aussi illustré de clins d'oeil au cinnéma noir et blanc (Le kid de chaplin est bouleversant en grand écran)... J'ai été convaincu par le discours de ce film, un peu moins par la forme (relativement froide, avec du recul il y avait là matière à chef d'oeuvre).
Comment écrire quelque chose de serein sur un film de 2 h 08 minutes pendant lequel on a vécu un véritable calvaire pendant 1 h 25 et qui, d'un seul coup, devient tout à fait tout autre pendant les dernières 40 minutes. De ce film qui était en compétition à Cannes 2009, beaucoup ont dit ou écrit qu'il s'apparentait à un opéra. C'est probablement vrai pendant ces fameuses 85 premières minutes. Malheureusement pour moi, cela ressemble à un opéra de Verdi et non de Monteverdi, Haendel ou Mozart ! C'est grandiloquent, pompeux, la musique, quand elle intervient, est tonitruante, sans aucune nuance. Quel ennui ! Et pourtant, le sujet est intéressant : Mussolini, son amour secret avec Ida Dalser, son fils Albino, la montée du fascisme en Italie. Pendant les dernières 40 minutes, le film se calme et met principalement l'accent sur Ida Dalser. Giovanni Mezzogiorno est absolument prodigieuse dans ce rôle de maîtresse répudiée et, malgré tout le mal que, globalement, je pense de ce film, je lui aurais donné sans hésitation le prix d'interprétation féminine même si Charlotte Gainsbourg était, pour une fois, plutôt bonne dans "Antichrist". On évitera l'infamie de la note minimale du fait des 40 dernières minutes et, surtout, de la prestation de Giovanni Mezzogiorno.
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