Kim Ki Duk : sa biographie

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Biographie

Hameçons, bouddhas, hameçons et printemps

Cinéaste très prolifique, autodidacte, Kim Ki-duk est l'une des voix les plus singulières du cinéma asiatique

Né en 1960, à Bongwha, dans ll province de Kyonsang en Corée du Sud, Kim Ki-Duk a grandi dans ce village de montagnes. A l'âge de neuf ans, il suit ses parents à Séoul. Obligé de quitter le lycée après que son grand frère a été renvoyé de l'école, Kim Ki-Duk se retrouve dans une école d'agriculture, puis dans les usines à 17 ans. Il rejoint la marine à 23 ans pour effectuer son service militaire.

Il en sort transformé, et songe sérieusement à devenir prêtre alors que son père l'imaginait plutôt en patron d'usine. Il passera deux ans dans un monastère.

C'est aussi à cette époque qu'il commence à s'intéresser à la peinture. En 1990, avec ses modestes économies, il quitte la Corée pour voyager à travers l'Europe (de la Finlande à la Grèce en passant par l'Allemagne). En 1992, après avoir séjourné à Paris, il s'installe en France dans un village près de Montpellier. Peignant et exposant ses oeuvres dans les rues et sur les plages plutot que de participer à des événements officiels, il survit en vendant ses tableaux avec plus ou moins de difficultés.
C'est également en France qu'il découvre par hasard le 7è Art, grâce à des films de genre variés comme Basic Instinct de Paul Verhoeven, Le silence des agneaux de Jonathan Demme, L'amant de Jean-Jacques Annaud ou encore Les amants du Pont-Neuf de Leos Carax.

Revigoré par son séjour européen, Kim Ki-duk retourne en Corée en 1993 et décide de se lancer dans le milieu du cinéma en participant à des concours.

En 1994, son premier scénario, Painter and Prisoner, gagne le prix de la Création de la Scénarist Association. L'année suivante il gagne un autre prix à la Korean Motion Picture Association grâce à son second scénario, Illegal Crossing. En 1996 il a enfin l'occasion d'écrire et réaliser son premier film, Crocodile, l'histoire d'un marginal au caractère violent (une caractéristique récurrente des personnages de Kim Ki-duk), qui récupère les corps de suicidés dans la rivière Han, à Séoul. Une oeuvre forte qui provoque de vives réactions, mais dont la sortie reste confidentielle. Dans ce film, le cinéaste débutant aborde plusieurs thèmes qui seront développés dans ses futurs films : son amour pour la peinture, sa fascination pour l'eau et les poissons, la représentation de la violence et la cruauté humaine.

Son deuxième film, Wild Animals (1997), est une production coréenne tournée en France. L'histoire d'un peintre sud-coréen devenu escorc et d'un nord coréen expert en arts martiaux, qui se rencontrent à Paris et se lient d'amitié, évitant les ennuis avec la pègre locale. Ne maîtrisant pas la langue française, Kim Ki-Duk privilégie la direction d'acteur de ses deux interprètes principaux, Jang Dong-jik et Cho Jae-hyun, tandis que les interprètes français (dont font partie Denis Lavant et Richard Bohringer) sont un peu en roue libre. Malgré sa sincérité, le film est un échec cinglant au box-office local. Le seul moyen alors pour Kim d'avoir une chance de tourner à nouveau est de participer à un concours de scénarios organisé par la KOFIC (l'équivalent du Centre National de la Cinématographie en Corée).

C'est ainsi qu'il réussit à monter Birdcage Inn (1998), une histoire de haine et d'amitié entre une jeune prostituée et une étudiante vivant dans une auberge située près d'une ville portuaire, qui sert à la fois de maison d'accueil et d'hotel de passe.
Ce film qui lui ouvre les ports des festivals internationaux (Berlin, Montréal, Los Angeles), est moins radical dans son approche que les précédents : il s'achève même sur une note optimiste.

L'ile, conte fascinant et cruel qu'il tourne en 1999, sera son premier film à connaître une audience internationale (il sort sur les écrans en avril 2001). Un film qui séduit par sa beauté plastique et son univers poétique et choque à cause de la cruauté de certaines scènes (envers les humains ou les animaux). Kim Ki-Duk enchaine aussitot Real Fiction (2000), un film semi-expérimental (la vengeance d'un peintre au bord de la crise de nerfs, contre ceux qu'il deteste) tourné en 200 minutes avec 10 caméras numériques tournant en simultané. Un défi technique remporté haut la main.

Son film suivant, Adresse inconnue (2001), présenté au 58è Festival de Venise est lui, encore plus autobiographique. Kim Ki-duk y raconte l'histoire de trois jeunes coréens vivant près d'une base militaire dans les années 70. Plus qu'un souvenir, c'est une blessure intérieure que le cinéaste représente à l'écran dans une oeuvre d'une puissance dramatique rarement vue à l'écran.

Le personnage du jeune peintre en devenir, souffre-douleur des voyous du quartier, n'est autre que le cinéaste en personne. En 2001, Kim Ki-duk connait enfin son premier succès commercial en Corée, avec Bad Guy (700 000 entrées), film pourtant controversé où il aborde le thème de la prostitution. Il retrouve pour ce film Cho Jae-hyun (anti-) héros de son premier film Crocodile qui, entre temps, est devenu une star du petit écran, ce qui, selon Kim Ki-Duk, explique en partie le succès en Corée, son cinéma ne s'étant pas du tout assagi malgré sa popularité croissante.

En 2002, il tourne The Coast guard, l'histoire d'un soldat qui tire sur un civil par erreur. Un film s'inspirant de ses années passées dans l'armée coréenne. La même année il est invité en France à l'Etrange Festival, qui propose une rétrospective de son oeuvre déjà très riche. A cette époque, il prépare Printemps, été, automne, hiver, et ... Printemps un film assez introspectif comme The Coast Guard. Boulimique de travail, le cinéaste décide de produire avec sa société de production Kim Ki-duk Film son nouveau projet Samaria, un film qu'il tourne en une dizaine de jours, à l'énergie, pour un budget modeste de 1 000 000 dollars US. Présenté au Festival de Berlin en 2004, Samaria obtient l'Ours d'Argent du Meilleur réalisateur.

Suivent Samaria, Locataires, L'arc... Pour son treizième film - chiffre de la chance ? - Breath, il est sélectionné en compétition officielle du festival de Cannes 2007. Breath (Souffle), histoire d'une curieuse relation qui se noue entre une femme dépressive et un détenu muet, sort en France à la fin de l'année, après Time, ou comment une femme, persuadée d'avoir perdu l'amour de son mari, se fait refaire le visage pour devenir une autre - et tenter de séduire son homme à nouveau.

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