Le "dernier des Mohicans" de la Nouvelle Vague italienne
Réalisateur engagé et subversif, Marco Bellocchio n'a pas froid aux yeux. Remettant toujours en cause avec virulence les valeurs traditionnelles italiennes dans ses films, le trublion latin a su se faire de nombreux ennemis en plus de 50 ans de carrière. Dernier vrai représentant de la nouvelle italienne, il a réalisé des nombreux monuments cinématographiques tels que Les poings dans poches ou encore le Diable au corps.
Marco Bellocchio naît à Piacenza (Italie) en 1939. En 1959 il interrompt des études de philosophie à L'Université Catholique de Milan et s'inscrit au Centro Sperimentale di Cinematografia à Rome. Entre 1961 et 1962, il réalise les courts-métrages Abbasso lo zio, La colpa e la pena et Ginepro fatto uomo, puis il part pour Londres où il fréquente la Slade School of Fine Arts.
Son premier long-métrage, Les poings dans les poches, présenté au Festival International de Locarno en 1965, le place au devant de la scène cinématographique internationale. Rompant avec le néoréalisme, il a été défini comme le tout dernier représentant de la Nouvelle Vague italienne.
Depuis les années 60, le cinéaste ne cesse de déployer son radicalisme iconoclaste en créant des oeuvres baroques et engagées. En effet, il s’attaque dans un corps à corps furieusement subversif et visionnaire aux valeurs traditionnelles de la société italienne : la religion, la famille, l’armée. A partir des années 80, Marco Bellocchio change progressivement sa manière de concevoir et de tourner les images de ses films, sous l’influence des recherches qu’il mène avec le psychiatre Massimo Fagioli en "Analyse collective". Du Saut dans le vide (1980) au Diable au corps (1986), cette collaboration ne manque jamais de soulever un tollé parmi les critiques.
Marco Bellocchio continue de provoquer la polémique en Italie : en 2002, il suscite des réactions de la part du Vatican avec un nouveau film sur l’Eglise catholique, Le Sourire de ma mère, et deux ans plus tard, à travers Buongiorno notte, il jette un regard lucide et lyrique sur les "années de plomb" en revenant sur l’assassinat d’Aldo Moro.
En 2007, il est membre du Jury des longs métrages du Festival de Cannes, présidé par Stephen Frears.
Pour ne rien manquer concernant Marco Bellocchio, recevez gratuitement son actualité dans votre boîte mail