Begum Akhtar est née sous le nom d'Akhtari Bai Faizabadi. Elle appartenait à une famille aristocratique de Lucknow tombée dans la misère. Plus tard dans sa vie, elle a prétendu que son père Asghar Hussein avait été juge et qu'il s'était fortement opposé à ce qu'elle se lance dans le chant. Or la vérité était que sa mère, Mushtari Begum, chantait pour vivre et était techniquement une tawaif. Mushtari Begum a vite compris que sa fille avait le talent pour atteindre les sommets. Begum Akhtar a chanté avec sa mère sur scène à treize ans et a donné son premier concert public à quinze ans, où le directeur des disques HMV en est devenu un admirateur instantané et l'a persuadée d'enregistrer un disque. Son visage et ses yeux étaient très expressifs, et elle maîtrisait parfaitement le style bhao batana du chant émotif.
Elle s'est formée auprès d'Ustad Ada Muhammad Khan de la gharana de Patiala. Elle devint experte en musique classique légère, particulièrement le ghazal. Elle a aussi joué dans des films, commençant en 1933 et se terminant avec Roti en 1942, son plus grand succès. À partir de 1943, elle étudia auprès d'Ustad Wahid Khan de la gharana de Kirana. En 1946, elle épousa Istiaq Ahmad Abbasi, le Nawab de Kakori. Son mari ne voulait pas qu'elle chante et souhaitait qu'elle mène la vie d'une femme respectable. Elle a lutté pour arrêter de fumer et être correctement soumise, mais la musique lui manquait tellement qu'il a finalement dû céder. Elle a enregistré un disque en 1949 et a chanté pour la Radio de Lucknow. Elle s'épanouit, et il devint plus indulgent, lui permettant de recommencer à donner des concerts. Sa nouvelle respectabilité lui attira de nombreux admirateurs et élèves, et pour eux elle réinventa son passé, cachant ses origines dans la sous-culture des tawaif. Plus tard, quand l'une de ses élèves impeccablement respectable, Shanti Hiranand, écrivit sa biographie, tout cela fut omis ou passé sous silence. C'était exactement ce que voulait Begum Akhtar ; contrairement à des chanteuses comme Gauhar Jan, elle avait honte de sa différence et voulait être acceptée dans la haute société.
Begum Akhtar a joué un rôle influent dans la popularisation des ghazals ainsi que des styles classiques légers comme le thumri, le dadra et autres. Son style raffiné et son excellence musicale ont établi les normes de la réussite artistique dans ce domaine. Elle possédait une présence scénique captivante et établissait aisément un rapport avec son public. En 1968, elle a reçu le Padma Shri, et en 1972 le Sangeet Natak Academy Award. Des personnalités éminentes comme Ustad Bade Ghulam Ali Khan et Ustad Ameer Khan ont loué son travail. Begum Akhtar disait toujours qu'elle aimerait chanter jusqu'au dernier jour de sa vie, et ce désir lui a été accordé, car en 1974 elle mourut immédiatement après s'être produite à Ahmedabad le 30 octobre. Le gouvernement de l'Inde lui a décerné le Padma Bhushan à titre posthume en 1975.