Christophe Cotteret est un cinéaste et metteur en scène de théâtre français connu pour ses documentaires d'engagement politique et son exploration soutenue des mouvements sociopolitiques contemporains du Moyen-Orient et d'Afrique. Son œuvre, marquée par une attention profonde à la nuance historique et aux témoignages recueillis sur le terrain, a été largement projetée à l'international et saluée pour sa clarté, sa complexité et sa rigueur.
Initialement metteur en scène de théâtre jusqu'en 2010, Cotteret a vécu à Beyrouth de 2002 à 2006. Au lendemain de la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, il a lancé Projet Liban, un cycle ambitieux de quatre productions documentaires-théâtrales présentées en Belgique, France, Liban, Algérie, Tunisie et Jordanie. Ces premiers travaux ont établi son engagement envers les formes hybrides et la documentation des bouleversements politiques au moment où ils se produisent.
Entre 2010 et 2012, il a réalisé son premier long métrage documentaire, Démocratie année zéro, coréalisé avec Amira Chebli. Le film retrace les origines de la Révolution tunisienne, revenant au bassin minier de Gafsa où ont émergé les premières étincelles de révolte. Présenté en première en 2013 à Visions du Réel à Nyon, le documentaire a ensuite été projeté dans plus de vingt-cinq festivals internationaux en Europe et aux États-Unis, recevant par la suite des sorties en salles en Belgique et en France. Acclamé par Positif comme l'une des analyses les plus lucides et complexes du Printemps arabe, le film a consolidé la réputation de Cotteret en tant que chroniqueur méticuleux des transitions politiques.
En 2013, il a poursuivi son enquête sur la Tunisie post-révolutionnaire avec Ennahdha : Une histoire tunisienne, un documentaire examinant le mouvement islamiste tunisien Ennahdha, vainqueur des élections de 2011. Suivant ses dirigeants pendant plus d'un an, Cotteret a saisi les débats internes et les contradictions historiques qui façonnent le paysage politique fragile du pays. Le film a d'abord été diffusé sur RTBF, puis sur Arte et TV5 Monde. Des critiques, dont Jean-Pierre Sereni, ont salué sa capacité à restituer toute la complexité du moment. Cotteret a ensuite coécrit une chronique largement commentée dans Libération, arguant contre la réduction de la politique tunisienne à une simple opposition entre laïques et islamistes.
En 2015, il a commencé à travailler au Rwanda sur Inkotanyi, un documentaire ambitieux consacré à Paul Kagame et au mouvement politico-militaire du FPR (Front Patriotique Rwandais). Présenté en compétition à la 30e édition du FIPA en 2017 et ultérieurement montré dans des festivals dont DOK Leipzig et le Pan African Film Festival de Los Angeles, le film a été distribué en salles belges en juin 2017 avant d'être diffusé sur RTBF et Arte. Des critiques comme Télérama et Le Monde ont salué son ampleur, ses matériaux d'archives inédits et son approche mesurée face à l'un des chapitres les plus sensibles et débattus de l'histoire africaine récente.
En 2024, Cotteret est revenu à la politique européenne avec White Power, au cœur de l'extrême droite, diffusé sur RTBF lors des élections législatives françaises, à un moment où le Rassemblement National s'était imposé comme force politique majeure. Parallèlement, il a publié un article d'opinion dans Libération, mettant en garde contre la vision racialiste qui sous-tend nombre de mouvements d'extrême droite à travers l'Europe.