Émile Cousinet, dit Couzinet, né le 12 novembre 1896 à Bourg en Gironde et mort le 24 octobre 1964 à Bordeaux, est un producteur et réalisateur de cinéma français.
Fils de menuisier, Couzinet commence sa carrière comme projectionniste ambulant avant de devenir directeur du Casino de Royan.
Dans les années 1920, il décide d'investir dans l'exploitation de salles de cinéma, notamment des salles d'art et d'essai. En 1930, face à la concurrence acharnée des circuits bordelais, il acquiert ses propres studios, les Studios de la Côte de Beauté, un complexe cinématographique implanté dans la station balnéaire de Royan. Après la destruction de la ville à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il reconstruit ses studios à Bordeaux, qui prennent alors le nom de Studios de la Côte d'Argent.
Il produit lui-même des vaudevilles dont il est aussi le scénariste, signant parfois sous le pseudonyme de Robert Eyquem, des films tantôt naïfs ou légèrement grivois, souvent adaptés du théâtre de boulevard. Ainsi, Trois Jours de bringue à Paris reprend La Cagnotte d'Eugène Labiche tandis que Le Don d'Adèle s'inspire d'une pièce de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy.
Pilier du cinéma populaire – son slogan est « On y rit, on ira » –, il produit des films pleins de gaieté comme Le Club des fadas, Trois Vieilles Filles en folie, La Famille Cucuroux, Le Congrès des belles-mères ou Mon curé champion du régiment. Si la comédie reste son territoire de prédilection, Couzinet s'aventure aussi dans d'autres genres comme le film de cape et d'épée (Buridan, héros de la Tour de Nesle), l'adaptation littéraire (Colomba d'après Prosper Mérimée) ou le mélodrame familial (Quai des illusions, film pour lequel il engage comme assistant un certain Sergio Leone).
Il fait appel à de grands noms du cinéma de l'époque, comme Pierre Larquey, Jeanne Fusier-Gir ou Gaby Morlay. Mais il lance aussi les débuts d'acteurs au tempérament flamboyant, tels Jean Carmet, qui apparaît dans Mon curé champion du régiment, et Robert Lamoureux, qui joue son propre rôle dans Le Don d'Adèle.
L'empire Couzinet commence à décliner progressivement à partir de la fin des années 1950, dans un contexte de concentration de l'industrie cinématographique.