Johan Grimonprez (né en 1962 à Roeselare) est un artiste multimédia, cinéaste et commissaire d'exposition belge. Il est surtout connu pour ses films Dial H-I-S-T-O-R-Y (1997), que le Guardian a inclus dans son article intitulé From Warhol to Steve McQueen: a history of video art in 30 works, Double Take (2009) et Shadow World: Inside the Global Arms Trade (2016), adapté du livre d'Andrew Feinstein. Grimonprez a écrit et réalisé le documentaire Soundtrack to a Coup d'Etat, qui explore la promesse de la décolonisation, l'espoir du mouvement des non-alignés et le rêve de l'autodétermination.
Grimonprez est né en 1962 à Roeselare, en Belgique. Après avoir étudié l'anthropologie culturelle, il a poursuivi ses études en photographie et en arts mixtes à l'Académie royale des beaux-arts de Gand. Grimonprez a obtenu un MFA en vidéo et arts mixtes à la School of Visual Arts de New York. En 1993, il a été accepté au Whitney Museum Independent Study Program et a ensuite suivi une formation à l'Académie Jan van Eyck à Maastricht, aux Pays-Bas. En 1993, Grimonprez a travaillé sur la série Besmette Stad pour le programme Ziggurat de la télévision belge.
Ses films se caractérisent par une critique de la manipulation médiatique contemporaine, décrite comme « une tentative de donner un sens aux ravages causés par l'histoire ». Ces films « parlent de la nécessité de voir l'histoire à distance, mais aussi de parler de l'intérieur ». Parmi les autres thèmes figurent la relation entre l'individu et l'image dominante, la notion de zapping comme « une forme extrême de poésie », et la remise en question de notre réalité consensuelle, que Grimonprez définit comme « une réalité qui s'entrelace avec les histoires que nous nous racontons dans la vision du monde que nous acceptons de partager ». Grimonprez affirme que « Hollywood semble courir devant la réalité. Le monde est tellement inondé d'images que nous avons appréhendé le 11 septembre à travers des images que nous avions déjà projetées dans le monde. En un sens, la fiction est revenue nous hanter sous la forme de la réalité. Cette distraction perpétuelle, cette illusion d'abondance mise en scène par la techno-magie, a caché le visage hideux d'une infodystopie. Les images d'Abu Ghraib, du 11 septembre, de la grippe aviaire, de la marée noire du Golfe du Mexique et de la crise économique ont composé notre nouveau sublime contemporain. » Parmi les influences de Grimonprez figurent Walter Benjamin, Jorge Luis Borges et Don DeLillo.