Les œuvres de Marylène Negro mettent souvent en place une confrontation, soit deux solitudes, soit deux créatures tellement différentes que seule leur position physique peut suggérer un lien entre elles. Le plus souvent, ce qu'on voit, c'est une représentation sonore ou visuelle que le film contemple, non pour la comprendre mais pour la représenter dans son infinitude, jusqu'à provoquer un léger vertige. Pour Marylène Negro, l'image constitue un espace d'intercession qui dissipe la violence potentielle d'une rencontre, en préservant uniquement les qualités d'attention, de vigueur et de bienveillance, prérequis à tout échange possible. L'image permet l'appréhension sans la prise. (Nicole Brenez)