Largement incompris, considéré au mieux comme un petit maître du cinéma italien en pleine renaissance après la guerre grâce au néoréalisme, Raffaello Matarazzo n'en reste pas moins l'auteur de mélodramatiques somptueux dont le succès a été spectaculaire dans l'Italie d'après-fascisme. Matarazzo a d'abord écrit des critiques de films pour le journal romain Il Tevere avant de retravailler des scénarios pour la maison de production italienne Cines. Ses premiers films étaient des comédies jusqu'à ce qu'il se tourne vers la réalisation de mélodramatiques. Avec Catene, produit par Titanus en 1949, il devint le réalisateur le plus en vogue en Italie. Le public adorait ses mélodramatiques. Les critiques, en revanche, ont eu tendance à dénigrer son œuvre, affirmant que les films de Matarazzo relevaient du Néoréalismo d'appendice. Depuis les années 1970, certains critiques de cinéma ont tenté de réhabiliter la réputation de Matarazzo. La revue française Positif a adoré son peplum historico-érotique Le Navire des femmes perdues.