Sohrab Shahid-Saless est né à Téhéran en 1944 dans une famille de la classe moyenne et a grandi dans cette ville. Dès l'enfance, c'était un conteur passionné qui aimait visualiser ses récits. En 1963, Shahid-Saless quitte l'Iran pour Vienne, où il fréquente simultanément une école de cinéma et une école d'art dramatique. Ses études s'interrompent brutalement en 1967 suite à un diagnostic de tuberculose. Durant son traitement, il part pour Paris afin de poursuivre ses études cinématographiques au prestigieux Conservatoire indépendant du cinéma français. Peu après, en 1968, il retourne en Iran. À son arrivée à Téhéran, Shahid-Saless commence à travailler pour le ministère iranien de la Culture en tant que cinéaste documentariste, produisant plusieurs courts métrages et documentaires, notamment sur les danses traditionnelles des différents groupes ethniques iraniens. Durant son séjour en Iran de 1968 à 1974, il réalise deux grands longs métrages, Yek ettefāq-e sāda (Un événement simple, 1973) et Ṭabiʿat-e bijān (Nature morte, 1974), qui remportent tous deux des prix majeurs aux festivals internationaux pour leur représentation réaliste sociale de la vie en Iran et pour leur style cinématographique innovant et expérimental.
Shahid-Saless produit également plusieurs courts métrages pour le ministère de la Culture et des Arts. Il réalise de nombreux films commandités sur les danses folkloriques locales de divers groupes ethniques. Il commence aussi à tourner des documentaires courts dépeignant les conditions de vie troublantes de la classe ouvrière. Sans surprise, le message politique subversif de ces films déplaît au gouvernement, et Shahid-Saless est forcé de quitter le pays. Installé en Allemagne en 1974, il commence à produire des documentaires pour les médias allemands. Ses films lui valent une reconnaissance internationale accrue, et il continue de réaliser des documentaires et des longs métrages pour les grandes chaînes de télévision allemandes. Son dernier film, Rosen für Afrika, date de 1991 et a été produit pour la télévision allemande. En 1992, il quitte l'Allemagne pour les États-Unis afin de rejoindre sa famille. Il meurt d'une maladie chronique du foie dont il a souffert toute sa vie.
Shahid-Saless est reconnu comme un pionnier de la nouvelle vague du cinéma iranien. Selon ses propres paroles, son cinéma vise à documenter « l'antagonisme entre l'homme et la société ». Tout au long de son œuvre, il considère le rôle du cinéma comme étant de « sensibiliser à l'indignité et à l'inhumanité de la vie ».