
Même si je reste bouche bée depuis le visionnage de cette oeuvre déroutante, il me reste mes doigts pour exprimer ce qu'il en retourne. 1 : Kurt Russell. Le revoilà enfin. Magistral, j'entends. La tête de l'emploi, violent, hypocrite, pourri, serviteur de causes frôlant le fascisme moderne, mais tout de même, dans ses moments solitaires de réflexion, loin d'être la grande gueule qu'il souhaite faire paraître. Un malaise omniprésent. Une vie de couple en déroute totale, l'alcool. 2 : Los Angeles. Le côté sombre de cette mégapole extravagante. Le racisme, la violence gratuite, la corruption, un environnement où la police ne se distingue des malfrats que par son soutien "légal". 3 : Colors. On ne peut que se remémorer l'ambiance de ce monstre du genre avec Robert Duvall et Sean Penn. On ne se promène pas dans le downtown de la ville, mais dans les banlieues les plus sordides, où se concentrent les plus tarés des gangsters. Effectivement, cette histoire a un goût de déjà-vu, mais elle s'inscrit certainement comme un point de repère dans la longue lignée de film du genre. On est mal, très mal. Tout au long de la projection, on remue sur son siège, non pas qu'il soit inconfortable, mais parce qu'on se sent envahi par l'atmosphère au combien glauque et pesante de cette partie de LA, des méthodes que les sbires des notables de la ville y emploient pour couvrir leurs abuts intolérables, sans remords. Sur fond de procès Rodney King, et des émeutes conséquentes, à voir. Vraiment.
Noire et violente, l'histoire a un goût de déjà vu: policiers corrompus, communautarisme et racisme dans un Los Angeles au bord de l'émeute dans l'attente du verdict dans un procès de flics (l'affaire Rodney King, un Noir tabassé à mort par des flics blancs en 1991). Mais l'interprétation des acteurs (Kurt Russel y est magistral), le déroulement du scénario, les émeutes filmées au plus près, en font un polar brut et dense à ne pas manquer, en vo de préférence.
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