Déposé par cinemane le 04/06/2008
Faut-il rappeler l’histoire, qui est loin d’être très étoffée ? Une simple histoire de vengeance, rendue géniale par la mise en scène de Sergio Léone. Un homme possédant un harmonica souhaite se venger de Frank, un dangereux desperados qui tua, jadis, le frère de l’homme à l’harmonica…
Ce film est une véritable leçon de mise en scène. Sergio Léone favorise la sensation pure dans ce film, ce qui explique le rythme particulier de sa mise en scène, très lente voire langoureuse. Avec ce western, Léone favorise les temps de contemplation qui favorise un suspens des regards (et non psychologique !) très particulier. Ces temps sont également tout à la faveurs des grands espaces, puisque la dilatation du temps amplifie la densité et l’intensité des lieux. Ajoutez à cela le format scope et la musique de Moriconne, et vous savez que vous êtes dans un grand film de Sergio Léone.
Et toute la beauté de cette mise en scène est d’alterner entre deux échelles totalement opposées : celle des grands espaces de Monument Valley (plans larges bien souvent en panoramique ou travelling) face à l’échelle humaine incarnée à merveille par de nombreux gros plans fixes sur les yeux des protagonistes. (cliché pillé par la bande dessiné par la suite). Ainsi les dialogues, chez Léone, sont remplacés par une succession de gros plans de regards.
Les personnages n’ont rien de commun avec ceux des westerns de John Ford. Ici, Henry Fonda interprète un sadique, ce qui contribue à donner au film une vision pessimiste de l’Ouest, une démystification à la manière d’Impitoyable de Clint Eastwood. Face à Fonda, Bronson joue un personnage au mutisme impressionnant. Seul son harmonica parle pour lui.
Les personnages de westerns italiens ne sont régis que par le récit, jamais à des ressorts idéologiques, ce qui fait qu’ils peuvent se permettrent d’être mauvais, comme dans le bon, la brute et le truand, ce qui n’est pas le cas dans les westerns américains. En effet dans les westerns américains, tout personnage est soumis à une lourde réflexion précédent tout ses actes, car chaque acte entraîne, en toile de fond, un jugement de valeur par rapport à la société américaine. Chez Léone non, c’est ce que j’appelle un cinéma de sensations pures, non réfléchies.
Déposé par Marty69 le 25/01/2007
Epique, c'est véritablement le mot pour ce film, qui met en scène l'Ouest américain, les duels de légende, l'harmonica, Claudia Cardinale sublime, et la musique d'Ennio Morricone profondément ennivrante.