
Gilbert Valence (Michel Piccoli) est un grand acteur de théâtre et accessoirement de cinéma. Au début du film, nous le découvrons en train de jouer Le roi se meurt de Ionesco, au côté de Catherine Deneuve (ici en participation amicale au même titre que John Malkovitch, tout deux ayant déjà joué ensemble pour Oliveira dans Le couvent.). A la fin de cette représentation, son ami et agent, Georges lui apprend la mort accidentelle de sa femme, sa fille et son gendre, le laissant ainsi seul avec son petit fils. Toute la suite du film s’attache à le suivre après cette terrible nouvelle. Manuel de Oliveira ne pouvait pas trouver plus belle scène d’ouverture, tellement prémonitoire, cette fin du roi se meurt, puisqu’il s’agit également du début de la fin de Gilbert Valence, et un peu, quelque part, celle d’Oliveira et de Piccoli. Mais ils abordent tout deux ce sujet avec une telle insouciance, une telle joie de vivre, que s’en est vraiment touchant, et promet encore de beaux films de la part d’Oliveira. Il nous donne juste un avant goût de ce que peut être une belle révérence. Manuel de Oliveira aime ses acteurs, c’est pourquoi il a choisit de faire un film simple et touchant sur un grand acteur, en prenant, sans hasard possible, Michel Piccoli. Et pourtant, malgré ses exigences, puisque tout ses acteurs doivent jouer d’une manière plate, voire neutre, ils lui restent extrêmement fidèles, l’exemple de Deneuve et Malkovitch le prouve. A voir le résumé du film, vous pourriez vous dire qu’il s’agit d’une histoire larmoyante, et bien non ! Au contraire, ce film cultive l’élégance des sentiments, leur pudeur, une pudeur toute masculine d’ailleurs poussée jusqu’à l’incommunicabilité de la douleur. On sort de ce film, léger, car son humour, sa finesse d’humour même et sa grande intelligence, vous réchaufferont le cœur.
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