
Arménien d’origine et militant communiste, le Marseillais Guédiguian devait forcément un jour raconter l’histoire méconnue du groupe Manouchian. Un travail de cinéaste autant que d’historien qui a globalement séduit les spectateurs.
Sensible à la démarche, nos cityreporters saluent pour la plupart "un film courageux" (xmrxjp), "bouleversant" (resist94) qui a littéralement mis "une claque" à daddyby. Seul point noir pour islander, le "manque de tonus" de l’ensemble et un style parfois "ronronnant" qui traîne en longueur.
Un poil plus mesurée, la presse oscille entre le sentiment d’avoir vu "un chromo prévisible" (Les Inrocks) et la certitude que Guédiguian nous a rapporté "une vérité perdue" (Le Monde). Au cœur du combat, Télérama, avec son Pour/Contre où quand l’un pointe "l’insignifiance" du film, l’autre en loue l’émotion "déchirante". L’histoire tranchera.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le film se fige dans une reconstitution historique qui empêche toute réactivation actuelle de "l'hypothèse communiste". [...] L'armée du crime finit par faire le jeu de son adversaire. [...] La commémoration est sans nul doute la meilleure manière d'en finir avec toute réactivation d'un évènement.
Voici un film qu’on peut qualifier de pédagogique, remarque qui n’est pas négative en soi, mais contient aussi une part d’attente déçue.(...) Cours d’histoire et d’engagement politique, donc, mais pas leçon de cinéma.
Dominé par la belle figure de Manouchian (Simon Abkarian, superbe), le film rend hommage aux FTP de la célèbre « Affiche rouge » sous la forme d'une imagerie légendaire, chaleureuse pour les héros, un peu lisse et schématique quant à l'arrière-plan historique.
Tout dans le film, y compris les libertés prises avec la chronologie des événements, tend à exprimer l'essence de cet affrontement, à en dégager le sens. Les derniers films de Robert Guédiguian, et particulièrement Lady Jane (2008), mettaient en scène la désorientation, la colère face à la perte de ce même sens, qui fut celui de l'histoire. Alors que Ken Loach, qui montrait les mêmes interrogations dans It's a Free World (2007), s'est réfugié dans la comédie fantaisiste de Looking for Eric, son camarade Guédiguian a remonté le temps pour retrouver une vérité perdue et la rapporter à ses contemporains.
Un peu plat. Si le sujet du film et les intentions du cinéaste ont toute notre sympathie, il est dommage que ce dernier ait opté pour le chromo prévisible.[...] c’est surtout dans la mise en scène que le film laisse sur sa faim. Si Guédiguian mène correctement son récit et articule bien les lignes dessinées par ses multiples personnages (portés par des acteurs globalement bons), il n’échappe pas au travers de la reconstitution d’époque qui fige le film dans une imagerie d’Epinal.
Sûrement grisé à l'idée d'évoquer l'heure de gloire qui a fait valoir le PC auprès des classes ouvrières, le cinéaste, trop près de son sujet, plonge malheureusement dans l'emphase, sans jamais prendre la bonne distance. La mise en scène est fade, les effets de style embarrassants et le souffle épique inexistant.
Le film s’organise en deux mondes à la morale antithétique, celui des "apatrides" résistants et celui des collabos. La férocité de Guédiguian se porte sur les forces de l’ordre (...) néanmoins, le cinéaste est comme tétanisé par le respect que lui inspire son beau sujet et il faut vraiment la jeunesse des acteurs pour que le récit respire un peu au présent et ne se fige en nouvel évangile rougeoyant.
POUR:
L'épopée déchirante du groupe Manouchian, l'histoire de son engagement à la vie à la mort, semblait destinée à Robert Guédiguian et à nul autre.
CONTRE:
A l'arrivée, on a droit à un film évidemment respectueux , mais si respectable qu'il en devient insignifiant. Quasiment fantomatique...