
Le deuxième souffle est arrivé sur les écrans tout auréolé de son casting prestigieux… mais en traînant tout de même de sacrées casseroles critiques, comme celle du magazine Elle qui pointe la réalisation "outrancière", le jeu "peu crédible" de Daniel Auteuil, les dialogues qui "tombent systématiquement à plat". Un pan entier de la critique a volontiers dézingué le côté toc de l'entreprise, à qui il "manque la vie, tout simplement" dixit Libération.
Le phénomène se ressent moins dans vos avis. Si demel considère qu'"il était vain de refaire ce chef d'œuvre" en se référant à la version de 1966, si tietie006 fustige les dialogues qui veulent faire "du Audiard sans Audiard" et si Zours confirme que "tout sonne faux", vous êtes tout de même nombreux à vous être laissés séduire.
"Film magnifique, très bien joué" pour doudou47, alors que magnanime est resté "fasciné", sudcity souligne que "le casting offre des face à face inédits et très intenses", enfin boutfleur et daddyby, "libéré[s] des polémiques" sur le livre et le film originaux ont adoré. Le premier n'a "pas vu passer les 2H30" et le second trouve les choix d'Alain Corneau "excellents".
Voilà un film qui mérite peut-être bien une séance de rattrapage.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Daniel Auteuil est malheureusement peu crédible (...). La réalisation est carrément outrancière dans les scènes de gunfight (...) La gouaille et l'argot de l'époque tombent systématiquement à plat. Dommage.
On comprend qu'Alain Corneau, (...) ait eu envie de revenir à Giovanni, en oubliant le chef-d'oeuvre de Melville. L'esthétique bizarrement criarde qu'il a adoptée, avec ses rouges, ses verts et ses jaunes néon, n'est pas très séduisante. Et les acteurs mettent quelque temps à trouver leurs marques.
(...) le film que signe [Corneau] aujourd'hui arbore des choix viscéralement différents de ceux de Melville. (...) Il y déploie un style visuel flamboyant, baroque, maniériste, alors que Melville avait joué l'épure, en noir et blanc.
Corneau rate ce qui faisait la force atmosphérique du premier Deuxième Souffle : le monde réel (...). Ce 2ème Deuxième Souffle est un objet cohérent dans le contexte du cinéma français actuel. Un gadget décoratif.
Dire (...) que le film est une réussite totale serait mentir. Là où Melville se distinguait par la sécheresse du trait et la beauté de l’épure, Corneau pèche parfois par emphase et mauvais goût. (...) Il n’en reste pas moins que ce Deuxième Souffle, attendu au tournant par les cinéphiles, ne manque pas de panache.
Il manque à ce Deuxième Souffle un moteur plus puissant que la simple nostalgie d'un genre et d'une époque. Il y manque la vie, tout simplement.