
Revu avec émotion le merveilleux film de Michael Powell : Les Chaussons rouges,où tout n'est que raffinement, élégance et beauté, ce qui n'exclut pas la peinture de la passion dans ce qu'elle a de dévorant et de possessif (à cet égard le personnage de Lermontov, directeur de l'opéra est fascinant), celle aussi du choix impossible de l'héroïne, qui ne pouvant se décider entre son art et son amour pour Julian, finira tragiquement. Des images de ballet sublimes, d'une grâce indicible, avec des trouvailles remarquables, très novatrices pour l'époque....
Trois artistes tiraillés entre leur métier et l'amour. Les acteurs secondaires ont leur importance, mais l'intrigue se joue entre la ballerine Vicky et le compositeur Julian face à leur redoutable bienfaiteur (Anton Walbrook, acteur autrichien homosexuel dans la vie, idéal pour ce rôle ambigu). Des chaussons rouges bénis ou maudits, on ne sait trop... A peine enfilés, ce sont eux qui commandent. Bien présente, l'alternance de réalisme et de fantastique des contes d'Andersen. Recentré sur la danse, tous les dialogues sont parlés (jamais chantés). Deux scènes remarquables pour l'époque (1948) : le répit le long de la Méditerranée avec le cocher endormi et ce grand ballet central, une féérie, éventuellement mains sur les oreilles si la musique malmène les tympans (plus harmonieuse sur la fin). Autre faille : l'intervention ultime du "maître", elle a un je ne sais quoi de surjoué... Heureusement, le message d'ensemble et la frénésie des chaussons qui ne répondent plus de rien font qu'on peut être ému par ce film.
Un des plus grands films de tous les temps. Un film parfait. Le chef d'oeuvre de Michael Powell. Réalisation, musiques, tout y est réussi. Les acteurs sont excellents et surtout Anton Walbrook et Moira Shearer vraiment parfaite.
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