
"Violent et terrible" (Elle), Loin de la terre brûlée est marqué par le style Arriaga (récit éclaté, flash-back), ce qui laisse à L'Express une "impression de déjà-vu". Si Les Inrockuptibles s'agacent de sa "rengaine sur le poids de la culpabilité" et Le Monde regrette l'histoire "lourdement" menée, "l'interprétation sans faute" (Le Figaroscope) d'un joli trio d'actrices rattrape tout.
Kim Bassinger est "bouleversante" de pudeur (Télérama) quand Charlize Théron "met son cœur et ses tripes sur la table" (Libération). Face à elles, la débutante Jennifer Lawrence est épatante.
cloclo72 est "chamboulée" par cette œuvre "inattendue" (Orleanecity), émouvante, construite à la manière d'un puzzle. En plus des "paysages superbes" (eolias64) et d'un scénario original, les internautes applaudissent les actrices "magnifiques" (Clelliia) qui donnent toute sa dimension à ce "drame intemporel" (vivazap).
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
On s’émeut devant les mutilations que s’inflige Sylvia (Charlize Theron), on partage le désir de fuite de Gina (Kim Basinger)... L’empathie est là, présente, envoûtante. C’est violent, terrible. On aime passionnément.
La structure du récit, la présentation des personnages qui se perdent et se retrouvent au fil de l'intrigue font évidemment penser à la composition des trois films d'Alejandro Gonzales Inarritu, dont Guillermo Arriaga avait signé les scénarios. Malgré parfois des scènes trop prévisibles, une interprétation sans faute de Charlize Theron et de Kim Basinger dans le rôle de sa mère.
Guillermo Arriaga s'est inventé un style, un art de mener le récit à partir d'une histoire éclatée, fourmillant de personnages dont les liens se précisent au fur et à mesure, au fil d'une construction narrative qui s'éclaire progressivement, via une cascade de flash-back. L'objectif du narrateur est évidemment d'intriguer le spectateur en le laissant assembler peu à peu les pièces de son puzzle : un enjeu vite éventé car Arriaga mène son histoire lourdement, en ignorant l'existence des ellipses.
Arriaga est bien meilleur réalisateur qu’Iñárritu, capable par exemple d’une finesse dans la mise en place des scènes d’intimité […]. Mais, las, une fois le puzzle remis en place, l’illusion de virtuosité se dissipe, laissant place à l’agacement lorsqu’il devient clair qu’Arriaga nous ressort son habituelle rengaine sur le poids de la culpabilité.
Le scénariste d'Alejandro Gonzales Iñarritu (21 Grammes, Babel), dont c'est la première réalisation, fait du bon boulot à partir d'une intrigue qui mêle, en un discours éclaté, pratique désormais classique pour lui, différents personnages (femme meurtrie, amants, adolescents amoureux) dont on devine peu à peu les liens. Tout est là, bien à sa place, même l'impression de déjà-vu.
Dans Loin de la terre brûlée, Charlize Theron, très impliquée et mal coiffée, met son cœur et ses tripes, et c’est tout, sur la table. Et c’est pas si mal dans le genre la vie, la mort, les destins entrecroisés, un café et l’addition.
Dans le rôle de Gina, Kim Basinger, splendeur fanée, beauté survivante, est d'une pudeur bouleversante. La lumineuse Charlize Theron exprime des abîmes de souffrance avec une remarquable économie de moyens. Mais les deux actrices chevronnées se font pourtant voler la vedette par la débutante qui incarne Sylvia adolescente, Jennifer Lawrence, véritable soleil noir de ce drame de la culpabilité.