
Invitée surprise du Festival de Cannes avec sa caméra d’or obtenue pour Bord de Mer en 2002, la cinéaste Julie Lopes-Curval est, depuis, un peu rentrée dans le rang. Plaisant mais un peu mou, Mères et filles ne semble pas la placer sur la voie de la reconquête.
Hormis g6k 76 pour qui il a été "difficile de se plonger dans ce film", la majorité de nos internautes s’est laissée bercer par un récit "très fin" (capucinelu), porté par un duo Deneuve/Hands "émouvant" (islander). Et si, parfois, le tout "traîne un peu en longueur", ces Mères et leurs filles restent pleines de "charme et de sensibilité" (chesims).
Côté critique, la tiédeur est de rigueur pour "un film trop sage" (Libération), "inégal" (Les Inrocks) qui "paraît dévitalisé" (Cahiers du cinéma). Tout un programme auquel Le Monde a trouvé de bonnes idées, comme celle de "casser le naturalisme". Alors, au coin Julie ?
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Entre ironie ménagère et psychanalyse au tambour, on lit sans peine le tracé grossier d'une sorte de progrès générationnel vers l'émancipation à laquelle la grand-mère n'a pas eu droit. [...] Mères et filles paraît dévitalisé, à peine raffermi par les flash-backs "in" de la grand-mère disparue, façin Spider de Cronenberg.
Trois générations de femmes se succèdent pour tricoter une histoire qui ressemble à une interminable écharpe au point mousse.
Mères et filles pourrait n'être qu'un film de famille de plus dans la cartographie du cinéma français qui n'en manque pas. La première bonne idée de ce film extrêmement écrit tient à la manière dont la réalisatrice, Julie Lopes-Curval [...], casse le naturalisme de son récit en introduisant une série de flash-back imaginaires, les moments de la vie de Louise tels que se les représente Audrey... La seconde bonne idée est simplement son sujet. Car derrière cette histoire de lignée, c'est l'évolution de la condition des femmes au XXe siècle qui se déploie, et la manière dont la violence subie s'est transmise de génération en génération.
Inégal, mais porté par un beau casting. Dommage que la langueur se perde dans l’empâtement, le ressassement dans la démultiplication des explications, et qu’un artificiel coup de théâtre final ne veuille radicaliser le drame pour mieux le purger. Il reste que la réalisatrice a saisi une humeur féminine précise, l’humeur termite un peu effarée qui vous fait, par exemple, tourner en rond dans une pièce pendant des heures, puis vous précipiter dehors, flèche tendue, comme si votre vie en dépendait.
1 h 30 de triturage psy bien senti, où la culpabilité portée par de nombreuses filles vis-à-vis de leur mère (et inversement) est incarnée par une Marina Hands qui tient la dragée haute à Catherine Deneuve. Quoi de plus naturel : la jeune comédienne étant ce qui est arrivé de mieux au cinéma (et au théâtre) français depuis une éternité.
Le film est trop sage, comme passé à l’amidon, pour véritablement fasciner, comme peut le faire Sonate d’automne de Bergman, par exemple, où la tension entre mère et fille est poussée à l’extrême, défigurant l’une et l’autre.
Julia Lopes-Curval sait [...] suggérer en quelques plans l'étrangeté d'un décor (une villa au bord de l'eau) ou la mélancolie de quelques seconds rôles, qu'on croyait insignifiants (Ecoffey, mais aussi Michel Duchaussoy).