
Il est des films qui opposent systématiquement la presse et les internautes. Twilight en fait partie. Œuvre géniale et romantique pour les uns, bluette pour les autres, les voies de la fascination sont impénétrables.
A ce jour, déjà 23 internautes ont mis la note maximale à Twilight, et leurs commentaires sont bien sûr dithyrambiques : "2h10 de pur enchantement" (Cygnus), "époustouflant" (calypso88), ou encore "il se pourrait bien que j'aille le voir une seconde fois..." (Dedzu). Les quelques détracteurs se montrent assez durs : "nullissime" (nysy10) ou encore un "téléfilm de série Z" (Loumatin).
La presse, quant à elle, est impitoyable, n'hésitant pas à ironiser : "Twilight manque totalement de mordant. Un comble." (Télérama). Le film a "fâché" L'Express et visiblement agacé Le Monde avec ce que le journaliste appelle "une moralité au-dessus de tout reproche". Seuls Les Inrockuptibles et 20 Minutes se montrent plus indulgents...
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Horrifique juste ce qu'il faut pour faire frissonner sans épouvanter, le film se concentre sur l'histoire d'amour romantique à souhait entre la douce mortelle et le sensuel immortel. Plus sexy que les sorciers d'Harry Potter, les buveurs de sang de Twilight n'ont pas fini de hanter les salles obscures.
La pauvreté visuelle de cette bluette entre une lycéenne et un vampire au lok d'ado ténébreux témoigne d'un manque criant d'estime envers son public. Le gothique s'abîme en romantisme toc. [...] Il y avait bien du sulfureux dans cette pédophilie fantasmée entre un vieillard éternellement juvénile et une vraie jeune fille, mais Catherine Hardwicke s'est censurée avec une déplorable application.
La réalisatrice offre ici une sorte de Roméo et Juliette moderne, où l'intrigue tourne autour de la difficulté d'être amoureux et de préserver sa virginité. Efficace et bien rythmé, cette sucrerie rose sombre plaira surtout aux jeunes filles fans des gentils vampires gothiques.
Twilight offre aux adolescentes l'occasion de fantasmer sur une créature de la nuit bien sous tous rapports, et aux parents la garantie d'un scénario d'une moralité au-dessus de tout reproche.
Si L’adaptation que signe Catherine Hardwicke (réalisatrice d’un film indé remarqué, déjà sur l’adolescence, Thirteen) éclaire au passage (de ses rayons inversés) un secret ltime du genre : que nous révèle du désir féminin, dont on sait qu’il est un continent plus noir que la nuit où ne dorment jamais les vampires insomniaques de Twilight, cette attirance orgueilleuse et obstinée pour une créature qui ne rêve que d’une chose, tuer la femme qui l’aime ? En cela, Twilight livre la clé d’un genre typiquement hollywoodien où l’on voit une épouse fragile soupçonner son mari ambigu d’intentions, à son égard, criminelles (Soupçons et Les Enchaînés d’Hitchcock, Hantise de Cukor…).
Il y a les films qui déplaisent et il y a ceux qui fâchent. Dans cette seconde catégorie, et au risque de faire hurler des hordes de jeunes spectateur(trice)s, entre Twilight, adaptation d'un best-seller au moins aussi bien écrit que ceux de Marc Lévy et Guillaume Musso (c'est ironique, oui).
Une économie ric-rac se ressent dans les effets spéciaux, qui ne peuvent rivaliser avec les blockbusters, mais le film y gagne un certain charme série B.
Décrits par Stephenie Meyer, tous ces prodiges du vampirisme new age pouvaient sans doute faire rêver. Maladroitement illustrés et empilés dans le film, ils confinent au grotesque. Et surtout, là où le roman développait une intéressante métaphore sur l'apprentissage de la sexualité (Edward a peur de sa « faim » de Bella), Twilight manque totalement de mordant. Un comble.