
Simplicité, classicisme majestueux ; le style James Gray semble avoir conquis la presse qui ne tarit pas d’éloge sur Two Lovers. Du côté des internautes, si on aime la patine du film, l’enthousiasme est plus mesuré.
Télérama est encore sous le choc : "Cela faisait longtemps que l'amour n'avait pas été filmé avec une telle intensité dramatique", tandis que Les Cahiers du cinéma loue un cinéaste en plein "épanouissement". Pour Le Monde, Two Lovers est "un film beau à pleurer".
À l’unisson de la presse, seb2612 prévient : "Attention chef-d’œuvre !". Ils sont d’ailleurs quelques uns à avoir été séduit par la mise en scène "classieuse" de Gray et un final "bouleversant" (chaplinphile). Pour autant, tous n’ont pas été emballés jugeant le film "juste agréable" (bibule22) voire "assez ennuyeux" pour nauthomm.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Après le rythme fiévreux et noir de « La nuit nous appartient », James Gray nous offre un film où transpire, d’image en image, une fièvre amoureuse. Une comédie romantique pas vraiment rose qui ne joue pas sur des ressorts comiques, mais sur des réactions affectives.
La force de Two Lovers est d'avoir tiré les conséquences de cette différence avec le cinéma de Coppola. [...] Avec le dépressif bipolaire Leonard Kraditor, Gray accomplit une conquête celle d'une "dualité sans pluriel", fondamentale à l'épanouissement de son cinéma.
Si l’air de la chanson est célèbre, l’une l’aime et l’autre pas, le parti pris de James Gray de filmer l’amour fou comme une maladie est efficace et n’empêche pas les larmes.
Si l'intrigue de Two Lovers est plutôt mince et surtout très classique, on est absolument séduit par la façon très personnelle, stylisée, épurée dont James Gray s'est approprié cette sombre romance sentimentale. [...] Two Lovers est une œuvre au noir, déchirante, bouleversante et cruelle.
Un film beau à pleurer. Sur un scénario classique de romance sentimentale promise à l'eau de rose, il signe avec Two Lovers un film sombre, grave, stoïcien où, retourné comme un gant, le schéma de départ vire de la comédie romantique au drame existentiel. Bouleversante, tout en méandres douloureux, hésitations, élans lyriques, cette épopée affective est inspirée par Les Nuits blanches de Dostoïevski (jadis adaptées par Luchino Visconti).
La vision de Gray semble autant hantée par les chansons des Drifters que par le cinéma, une série d’images subliminales de classiques venant habiter discrètement ce film se tenant souvent en un improbable carrefour magique entre Hitchcock, Kazan et Sirk.
La lumière crépusculaire, les silences, les étreintes désespérées... Two Lovers redonne leurs lettres de noblesse aux sentiments, si souvent galvaudés par des auteurs en quête de légèreté. Voici donc non pas une bluette, mais un film d'amour. Et l'amour, c'est très beau quand c'est très bien fait.
Sous ses allures classiques , voilà sans doute le film le plus risqué qui nous ait été donné à voir en 2008 : tout ici est pris à contre-pied. Les acteurs sont des bombes sexuelles que Gray regarde comme si de rien n’était, tels des individus lambda, rongés par le doute, se noyant constamment dans la haine d’eux-mêmes, tombant dans des trous noirs que l’on croyait réservés à nous autres, les spectateurs, pauvres humains. Et le pire, c’est qu’on y croit.
Cela faisait longtemps que l'amour n'avait pas été filmé avec une telle intensité dramatique, sans romantisme, sinon celui, aveugle et crépusculaire, qui frappe Leonard.