
Avec son arrière-goût de whisky sec, le MacGuffin comique alléchant de Very bad trip (que s’est-il passé entre le premier verre et les maux de tête du lendemain ?) semble avoir fait son petit effet. Et, pour critiques et internautes, pas de gueule de bois en vue.
"Sans doute ce qu’on a vu de plus hilarant depuis un bail", Les Inrocks donnent le ton d’une presse qui, sans être dithyrambique, s’est laissée prendre au jeu du film de Todd Phillips. "Fantaisie potache" (20 Minutes), "cataracte de vannes" (Metro) : la critique est grisée par une comédie dont L’Express regrette le "manque de rythme"
Côté cityreporter, hormis un turquoise59 un peu lassé de l’humour "tarte à la crème", difficile de trouver ne serait-ce qu’un bémol sur ce "pur bonheur" (nauthomm), à "l’humour décapant" (mdumas78), voire "roboratif" (Loumatin). Alors, prêt à s’en jeter un dernier ?
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Bien qu'aucune star ne figure au générique, cette fantaisie potache touchante et drôle fait un tel carton aux Etats-Unis que ses auteurs envisagent déjà de lui donner une suite.
Le spectateur devra se mettre rapidement au diapason car Very Bad Trip dépasse en delirium tremens ce que l'on peut imaginer. Une « nuit inoubliable », lui avait-on promis, à ce pauvre Doug. "Inoubliable" certes, quand bien même cette bande de fêtards ne se souvient plus de rien. Qu'importe, nous, on n'est pas près d'oublier.
c'est lorsqu'un film parvient à mettre en lumière l'aspect ridicule, obscène et régressif de la vie elle-même qu'il réussit son coup. Very Bad Trip fait indiscutablement partie de ces réussites. On y assiste pourtant à une enfilade de situations incongrues, s'additionnant comme par le jeu d'un cadavre exquis cinématographique. Et pourtant, à aucun moment n'est véritablement perdu de vue tout lien avec un certain réalisme.
Very Bad Trip, histoire toute bête d’un enterrement de vie de garçon qui dégénère grave, est sans doute ce qu’on a vu de plus hilarant depuis un bail. Pourquoi ? Parce que son humour repose constamment sur la surprise. Pas la surprise simple, mais la surprise en cascade.
Very Bad Trip est une comédie potache dans la ligne d'un genre réinventé par Judd Apatow et sa clique (40 ans, toujours puceau, En cloque, mode d'emploi). Mais Todd Phillips n'arrive pas à imprimer un rythme suffisant pour emporter le morceau et reste aux portes d'un film méchamment drôle pour en livrer un gentiment trash. On peut s'en contenter. Ou pas.
Le film de Todd Philipps ne réussit qu’à moitié l’exercice, abattant un peu trop vite ses atouts majeurs, que ce soit dans une bande-annonce frôlant la perfection ou dans une mise en place qui promet énormément - sans doute trop - pour finalement laisser sur sa faim. Peu à peu, le rythme s’essouffle, les gags mollissent, le mauvais esprit se dissout.
Le film oscille constamment entre absurde et situations au comique débridé. Une cataracte de vannes déferlent alors à un rythme effarant, ne laissant que rarement le temps à vos abdominaux de se décontracter. Une belle, une très belle surprise.
Certaines situations sont franchement désopilantes mais, à la différence d'Apatow, il n'y a, dans cette régression, aucune once d'insolence ni de cruauté intime.