Francesca Albanese est une juriste italienne et experte en droits humains dont les travaux ont façonné les débats contemporains sur le droit international, les déplacements forcés et le conflit israélo-palestinien. Elle exerce depuis 2022 les fonctions de Rapporteure spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, devenant la première femme à occuper ce poste. Son mandat a attiré l'attention internationale pour ses enquêtes détaillées sur la situation des droits humains à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que pour les controverses politiques entourant ses conclusions.
Albanese est née à Ariano Irpino dans le sud de l'Italie. Elle a étudié le droit à l'Université de Pise, obtenant son diplôme avec distinction, puis a suivi un Master en droits humains à la SOAS University of London. Au début de sa carrière, elle a travaillé pendant plus d'une décennie auprès de plusieurs organismes des Nations unies, notamment le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme et l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine. Au cours de ces années, elle a conseillé des gouvernements et des organisations humanitaires dans tout le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et la région Asie-Pacifique, développant une expertise approfondie en matière de protection juridique des réfugiés, des migrants et des populations vivant sous occupation.
Ses travaux académiques se sont poursuivis en parallèle de ses engagements internationaux. Elle est chercheuse affiliée à l'Institut d'étude des migrations internationales de l'Université de Georgetown et conseillère principale auprès de l'Arab Renaissance for Democracy and Development, où elle a cofondé le Réseau mondial sur la question de Palestine. Ses publications incluent l'ouvrage très cité Palestinian Refugees in International Law, coécrit avec Lex Takkenberg et publié par Oxford University Press en 2020.
Albanese a été nommée Rapporteure spéciale des Nations unies en mai 2022 et confirmée pour un second mandat en 2025. Dans cette fonction, elle a produit plusieurs rapports importants examinant les implications juridiques et humanitaires de l'occupation israélienne. Ses analyses ont porté sur des questions telles que les déplacements massifs, la détention arbitraire, la violence des colons et l'aggravation des conditions à Gaza. En mars 2024, elle a présenté au Conseil des droits de l'homme de l'ONU le rapport intitulé « Anatomy of a Genocide », concluant que les actions d'Israël à Gaza correspondaient au seuil des actes génocidaires selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Le rapport appelait à des sanctions, un embargo sur les armes et le renforcement des mécanismes de responsabilité internationale, et il est devenu l'un des documents de l'ONU les plus commentés de l'année.