
Pas folichons les avis internautes sur La fille du RER de André Téchiné. Chose curieuse, la presse est dans l'ensemble nettement plus clémente.
"Déçu, déçu, déçu" se plaint brennusco, qui compare le film à un documentaire "plat". Idem pour petite-minute qui lance un "tout ça pour ça ?" qui en dit long, et dont l'avis est largement partagé par innocento. Certains internautes sont cependant nettement plus modérés : islander regrette les "clichés sociaux, politiques, sentimentaux" mais salut "le jeu des acteurs" et la "cohérence" du scénario. Son opinion est d'ailleurs partagée par Delph1601 qui se dit néanmoins "mitigée".
En opposition, la presse est quant à elle, plutôt enthousiaste : un film qui "renvoit chacun à sa solitude" pour Télérama, un cinéma "adulte" pour Les Inrockuptibles ou encore "étonnamment tonique" pour Les Cahiers du Cinéma. A l'opposé on trouve L'Express et son curieux "c'est raté"...
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
La Fille du RER, récit dramatique sur fond d'embrouilles de polar et de graves problèmes de société [...] est pourtant un film étonnamment tonique et qui tire vers le haut. Cela tient à cette rapidité d'exécution, qui évite toute pesanteur et toute complaisance.
Le cinéaste laisse ouvertes toutes les pistes et déplace le mystère : l’étonnant n’est plus le mensonge, mais tout ce qu’il suscite. C’est la réussite du film.
Après une première partie interminable, le mensonge et la rétractation d'Émilie Dequenne ajoutent enfin un peu de tension dramatique. Trop tard. Le pire, c'est qu'André Téchiné n'offre aucune réponse aux questions posées par ce fait divers réel.
Le film s'évertue [...] à rester à la surface des choses et des êtres, misant tout sur sa vivacité d'exécution et sa force d'entraînement. Au risque de passer, à l'image de son héroïne, pour une coquille vide.
Adulte, le cinéma de Téchiné l’est de mieux en mieux, ne serait-ce que par cette acuité toujours accrue à observer comment marche le monde dans lequel il vit […] Mais il a aussi gardé de façon souveraine toutes les qualités propres à la jeunesse. Incroyablement vivant, alerte. […] La Fille du RER est le film d’un grand cinéaste au plus vif de ses capacités.
Téchiné, ce n'est pas rien. [...] Là, justement, ce n'est rien. Ou pas grand-chose. Surtout, c'est raté à force de vouloir aborder le sujet sous l'angle de l'identité juive, quand il aurait fallu creuser les motivations d'une femme pour qui la médiatisation de son affaire passe forcément par la caractérisation antisémite de son "agression".
Avec Les Témoins, chronique bouleversante des années sida, avec Les Temps qui changent, magnifique « mélo du remariage », le cinéaste acheminait encore ses personnages vers un destin commun, un monde à habiter ensemble. La Fille du RER se résigne au contraire à renvoyer chacun à sa solitude - à peine pavée d'espoir pour les plus jeunes.